Erdogan dénonce la fourniture d'armes américaines aux Kurdes

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé dimanche que les armes fournies par des puissances étrangères aux miliciens kurdes YPG, combattant l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie, ne pourront jamais être récupérées par les pays donateurs. /Photo prise le 25 juin 2017/REUTERS/Murad Sezer (Reuters)

ISTANBUL (Reuters) - Le président turc a estimé dimanche que les armes fournies par des puissances étrangères aux miliciens kurdes YPG, combattant l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie, ne pourront jamais être récupérées par les pays donateurs. Les autorités d'Ankara ont exprimé leur colère après la décision le mois dernier de l'administration américaine de fournir des armes aux Unités de protection du peuple, groupes de combattants kurdes engagés dans l'offensive contre Rakka, la capitale autoproclamée de Daech dans le nord de la Syrie. Les Etats-Unis auraient fait la promesse que ces armes seraient récupérées dès que les djihadistes seraient vaincus, indiquaient jeudi des sources au sein du ministère turc de la Défense. S'exprimant devant les membres de l'AKP, le parti au pouvoir, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé cette promesse, estimant que les amis et alliés de son pays coopéraient avec les terroristes. Le gouvernement turc considère que les milices YPG sont des émanations du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), formation considérée comme terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et la Turquie. "Ceux qui pensent tromper la Turquie en affirmant qu'ils vont récupérer les armes fournies à une organisation terroriste vont se rendre compte qu'ils ont commis une erreur", a affirmé Erdogan dans un discours à l'occasion de l'Aïd el Fitr, fête marquant la fin du ramadan. "Mais cela sera trop tard. Nous ferons payer aux véritables propriétaires de ces armes chaque balle qui a été tirée dans notre pays, chaque goutte de sang qui a été versée", a-t-il ajouté. L'administration américaine considère les YPG comme un atout essentiel dans le combat contre l'EI, les miliciens kurdes ayant démontré leur efficacité militaire au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants arabes et kurdes qui mène l'offensive contre Rakka. Erdogan craint que les Kurdes opérant dans le nord de la Syrie transforment leurs gains militaires contre Daech en une occupation territoriale le long de la frontière turque. "Je veux que tout le monde sache que nous n'accepterons jamais l'établissement d'un Etat terroriste dans le nord de la Syrie, le long de notre frontière", a dit le président turc. (Omer Berberoglu; Pierre Sérisier pour le service français)

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