Erdogan sur les critiques de l'UE après sa victoire au référendum: "Restez à votre place!"

Vincent Gibert
Recep Tayyip Erdogan à Ankara le 17 avril 2017.

TURQUIE - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tancé ce lundi 17 avril les observateurs étrangers qui ont mis en doute l'équité du référendum sur ses pouvoirs, en célébrant sa victoire étriquée avec des milliers de partisans dans son palais à Ankara.

Au lendemain du référendum remporté d'une courte tête par Erdogan et contesté par l'opposition, une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe a estimé que la campagne s'était déroulée dans des conditions inéquitables et que le scrutin n'avait pas été "à la hauteur des critères" européens.

"Ils préparent un rapport à leur goût. (...) Déjà, restez à votre place!", a lancé Erdogan dans un discours au palais devant des milliers de sympathisants. "Nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer", a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatie turque a pour sa part jugé les conclusions des observateurs "biaisées" et "inacceptables".

Les deux principaux partis de l'opposition turque, le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde), sont allés plus loin et ont dénoncé des "manipulations" pendant le scrutin, annonçant leur intention de demander le recomptage des voix.

En cause, la décision du Haut-Conseil électoral (YSK), de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales. L'opposition y a vu une manoeuvre rendant possibles des fraudes.

"Des modifications tardives dans la procédure de comptage (des voix) ont supprimé un important garde-fou" contre les fraudes, selon le rapport des observateurs.

Ton de défi envers l'Europe

Erdogan a aussi adopté un ton ferme à l'égard l'Union européenne, évoquant l'organisation d'un référendum pour décider de poursuivre ou non les négociations d'adhésion de la Turquie au groupement.

"Ils nous font attendre à la porte de l'Union européenne depuis 54 ans, n'est-ce pas? (...) Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision", a-t-il lancé, sans avancer...

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