Ankara accuse le PKK d'avoir exécuté 13 Turcs, 700 arrestations

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ERDOGAN ACCUSE LE PKK D'AVOIR EXÉCUTÉ 13 TURCS ET TANCE LES USA

ANKARA (Reuters) - Le gouvernement turc a annoncé lundi l'arrestation de plus de 700 personnes, dont des membres du parti politique pro-kurde HDP, dans le cadre d'opérations contre les combattants du PKK (Parti des travailleurs de Kurdistan) qu'Ankara accuse d'avoir exécuté 13 ressortissants turcs dans le nord de l'Irak.

Le président Recep Tayyip Erdogan a reproché lundi aux Etats-Unis de soutenir les combattants du PKK et fait savoir que la Turquie entendait poursuivre ses opérations transfrontalières contre les bases du PKK dans le nord de l'Irak.

L'ambassadeur des Etats-Unis à Ankara a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, qui a condamné "dans les termes les plus forts" une réaction américaine à ses yeux bien trop prudente.

Selon le ministère turc de la Défense, les activistes kurdes ont tué 13 militaires ou policiers, capturés en 2015 et 2016 pour la plupart, lors d'une opération lancée le 10 février contre le PKK, qui a fait 48 morts côté kurde.

Le ministère turc de l'Intérieur a déclaré que 718 personnes avaient été arrêtées lundi lors d'opérations policières menées dans 40 provinces à travers le pays. Parmi ces personnes, a-t-il indiqué, figurent des dirigeants de district et provinciaux du parti d'opposition pro-kurde HDP (Parti démocratique des peuples), qui est la troisième force politique au Parlement.

Les partis d'opposition accusent le gouvernement d'avoir trop tardé à libérer les 13 captifs.

Dimanche soir, le département d'Etat américain a déclaré que les Etats-Unis "déplorent la mort de ressortissants turcs dans la région du Kurdistan irakien". "Si la responsabilité du PKK est confirmée", a dit son porte-parole Ned Price, les Etats-Unis "condamneront cette action avec la plus grande fermeté".

Washington et l'Union européenne considèrent le PKK comme une organisation terroriste mais en Syrie, l'armée américaine a combattu contre le groupe Etat islamique aux côtés des combattants des YPG (Unités de protection du peuple), qu'Ankara juge liés au PKK.

"Il y a maintenant une déclaration des Etats-Unis. C'est une blague. N'étiez-vous pas censés vous opposer au PKK, aux YPG ? Vous les soutenez clairement", a déclaré Recep Tayyip Erdogan devant des militants de son parti l'AKP lors d'un déplacement à Rize, sur la mer Noire.

Le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, s'est de son côté plaint du silence des pays "qui affirment combattre le terrorisme" et passent vite sur cette question, "avec des 'si' et des 'mais'".

(Ali Kucukgocmen, Tuvan Gumrukcu et Ece Toksabay; version française Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian)