Erdoğan a-t-il le droit de se représenter à la présidentielle en Turquie?

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, prend la parole lors de la réunion du groupe de son parti à la Grande Assemblée nationale turque à Ankara (Turquie), le 18 janvier 2023. | Mustafa Kamaci / Anadolu Agency / Anadolu Agency via AFP
Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, prend la parole lors de la réunion du groupe de son parti à la Grande Assemblée nationale turque à Ankara (Turquie), le 18 janvier 2023. | Mustafa Kamaci / Anadolu Agency / Anadolu Agency via AFP

«La plus importante élection du monde, en 2023, aura lieu en Turquie», si l'on en croit le Washington Post. Et elle pourrait se tenir non pas le 18 juin, comme initialement prévu, mais le 14 mai. Ainsi semble en avoir décidé le numéro un turc.

Avant cette histoire de date, c'est une question autrement fondamentale qui se pose: le président Recep Tayyip Erdoğan a-t-il le droit de se représenter? La Constitution révisée en 2017, laquelle réserve au président des pouvoirs très étendus, interdit tout de même par son article 101 d'effectuer plus de deux mandats présidentiels. Or, Recep Tayyip Erdoğan a été élu une première fois au suffrage universel en 2014 pour sept ans, puis, à la faveur de la révision de 2017, une seconde fois en 2018 pour cinq ans. Se présenter en 2023 serait donc briguer un troisième mandat, ce que lui interdit la Constitution.

Une première option risquée

Dans un premier temps, il songe à louvoyer selon le raisonnement suivant: puisqu'en 2017, on a changé de régime politique, passant du parlementarisme au présidentialisme, les compteurs ont été remis à zéro et les règles posées par le nouveau texte constitutionnel ne s'appliquent donc qu'à partir de 2017. Autrement dit: la première candidature de 2014 ne compte pas.

Problème, ses adversaires rechignent devant cette interprétation. Et il n'est pas exclu que cela les conduise à en profiter pour mettre sur la table un autre contentieux: la façon bien trop expéditive dont la réforme constitutionnelle de 2017 a été effectuée, comme le relève la commission de Venise, organe consultatif du Conseil de l'Europe.

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