Épilation définitive : les effets méconnus (et alarmants) de la lumière pulsée

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L'épilation à la lumière pulsée peut être réalisée par des professionnels ou à domicile

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) met en garde celles et ceux qui voudraient avoir recours à l’épilation à la lumière pulsée. Elle rappelle aussi les contre-indications et les bonnes pratiques à suivre.

C’est un sujet beauté épineux. Depuis la fin des années 2000, la guerre des poils a pris un nouveau tournant avec l’apparition sur le marché des appareils d’épilation à la lumière pulsée (intense pulsed light ou IPL). Dans un communiqué publié ce jeudi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) rappelle que cette pratique qui permet de se débarrasser des poils à vie n’est pas sans risques et peut provoquer des effets indésirables.

Que l’épilation soit réalisée par des professionnels (esthéticiennes, dermatologues…) ou à domicile avec des machines vendues dans le commerce, le principe reste le même : la lumière pulsée localement se transforme en chaleur qui détruit le poil et le bulbe pileux. "Or, les quantités d’énergie déposées respectivement dans les poils et la peau dépend non seulement des caractéristiques de l’appareil, mais aussi de celles de la personne épilée (couleur de peau, contraste entre la couleur de la peau et des poils, sensibilité particulière, etc.)", explique l’agence.

De la douleur au retard de diagnostic de cancer de la peau

Douleur, érythèmes, sensation de brûlure, cloques, croûtes… le plus souvent, les effets indésirables sont légers. Mais parfois, un mésusage de l’appareil peut avoir des conséquences plus lourdes et entraîner des troubles de la pigmentation et des lésions oculaires. Ces pratiques pourraient aussi engendrer un retard de diagnostic de cancer de la peau. L’IPL peut en effet dénaturer la couleur de lésions précancéreuses, et empêcher ainsi la détection précoce de mélanomes.

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"Le fonctionnement et les principes d’interaction avec la peau peuvent être méconnus ou mal compris par certains professionnels et par les particuliers, souligne Rémi Poirier, coordinateur de l’expertise à l’Anses. Il est donc nécessaire de mieux encadrer le marché des appareils et l’utilisation de cette technologie pour en limiter les effets indésirables". 

En mai dernier, une nouvelle réglementation européenne a décidé de classer les appareils dans la catégorie des "dispositifs médicaux" au même titre que les respirateurs. Mais côté formation, les niveaux sont hétérogènes. L’Agence recommande notamment la mise en place d’un socle commun pour les professionnels de l’esthétique.

Les contre-indications à l’utilisation de la lumière pulsée

L’épilation à la lumière pulsée est déconseillée dans certains cas listés par l’Anses :

  • présence de toute anomalie cutanée (relief, texture ou couleur) ou de maladie touchant la peau (antécédents de cancer cutané, psoriasis, herpès ou antécédents d’herpès sur la zone à épiler…) ;

  • prise médicamenteuse de traitements photo-sensibilisants et anticoagulants ;

  • application de tout produit sur la zone épilée (cosmétiques, y compris les auto-bronzants, huiles essentielles, produits "naturels"…) ;

  • couleur de peau ou nature du poil non adaptés (personnes albinos, poils dépigmentés, duvet…) ;

  • avoir été exposé, avant ou après l’épilation, aux UV naturels ou artificiels. En cas d’exposition précédant l’épilation, celle-ci ne devra pas être pratiquée avant un retour à la couleur naturelle de la peau. En cas d’exposition après l’épilation, elle ne devra pas avoir lieu avant la résolution des éventuelles lésions provoquées par l’IPL ;

  • épilation des sourcils, en raison des risques de lésions pour l’œil ;

  • être âgé de moins de 15 ans ;

  • en cas de grossesse, d’allaitement et de prise de traitements hormonaux susceptibles de modifier la pilosité ;

  • présence d’un tatouage sur la zone à épiler.

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Les bonnes pratiques à adopter

Que l’appareil soit utilisé par un professionnel ou à domicile, il est recommandé de :

  • porter des lunettes de protection ;

  • ne pas épiler les zones proches des yeux ;

  • raser au préalable et laver au savon traditionnel la zone à épiler ;

  • ne pas utiliser d’anesthésique durant une séance d’IPL ;

  • ne pas exposer plus d’une fois la même zone au faisceau IPL au cours d’une même séance ;

  • espacer les séances d’un mois minimum.

De bons conseils pour dire adieu aux poils en toute sécurité.

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