Envolées lyriques, métaphores opaques et litotes : le grand flou des annonces de Macron au monde culturel

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« Il faut que les lieux de culture revivent », a répété ce 6 mai le président de la République face à un Franck Riester aussi silencieux qu’au cours de ces dernières semaines. Or, le monde de la culture est, comme bien d’autres secteurs, en grave détresse. Seule nuance : à peine 22 millions ont été pour l’heure versés en urgence à la culture au sens large, qui génère plus de 80 milliards de revenu annuel et représente 1,5 million d’emplois directs.

Alors que la sortie du confinement approche, théâtres, cinémas, salles de concert, studios de tournage et d’enregistrement, festivals littéraires et musicaux, éditeurs, auteurs, acteurs et intermittents n’entrevoient pas de sortie de crise. Voici plusieurs semaines que leurs représentants, élus ou improvisés, réclament des mesures fortes. Après un échange en visioconférence avec Sandrine Kiberlain, Catherine Ringer, Abd al Malik, Norah Krief et une demi-douzaine de personnalités du showbiz, la nouvelle séquence présidentielle, annoncée comme un « plan de soutien à la culture », devait donc palier un gros manque. Ce qu’elle fit, du moins en partie.

C’était attendu, Macron l’a confirmé : les librairies et les galeries d’art rouvriront bien le 11 mai, mais les normes sanitaires en vigueur restent floues, tout comme la taille des musées autorisés, la règle étant, selon le Président, d’éviter «

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