Environnement : le sale business des déchets à Marseille

Ce matin-là, à Marseille (Bouches-du-Rhône) Jean-Yves Sayag, l’élu en charge des dépôts sauvages se met dans la peau d’un détective. Pendant près de deux heures, il surveille le va-et-vient de camions d’une communauté Rom, puis part en filature. Son objectif : suivre le parcours d’un camion, parti collecter notamment des pneus, de la ferraille ou encore de l'électroménager, susceptibles de finir dans la nature. "Le groupe que l’on est en train de suivre, il va là où on l’appelle, explique-t-il. Tous les jours, ça fonctionne par SMS. Il va sur le site, il négocie les prix, il prend et il repart." Des gaz et des fluides frigorigènes dispersés dans la nature L’équipage poursuit ensuite sa route jusqu’au grand marché aux puces de Marseille. Connu pour son petit trafic de cigarettes, on y trouve de tout : des antiquités ou des fripes, mais aussi de l’électroménager d’occasion. Ce qui inquiète l’élu marseillais dans le chargement du camion qu’il suit, ce sont les frigos et leurs moteurs, qui sont très convoités. "Ce qu’il va se passer, c’est qu’ils vont faire un arrêt, ils vont couper le cuivre, ils vont prendre le moteur et tout le reste ils vont le bazarder", poursuit Jean-Yves Sayag. Les moteurs de frigo contiennent du cuivre, mais aussi des gaz et des fluides frigorigènes, très toxiques pour l’environnement et la couche d’ozone. Leur recyclage par des entreprises spécialisées est obligatoire. En France, 40 % des réfrigérateurs échappent au recyclage par ces filières spécialisées et légales.