Entretien. ‘‘Au Canada, on a une façon de s’exprimer qui est vraiment différente’’

Courrier Expat (Paris)
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Sandrine Lassalle est arrivée au Canada il y a six ans après avoir déjà vécu à Mexico et à Los Angeles. À Montréal, elle aide notamment les nouveaux arrivants francophones à s’intégrer.

Courrier Expat : Vous auriez pu faire carrière en France, mais vous avez choisi de venir vivre au Canada. Pourquoi ?

Au retour d’un voyage pour voir mon cousin à Toronto, j’ai dit à mon mari que j’avais envie de partir vivre à l’étranger et il a répondu : “OK, on y va.” Nous avons entrepris des démarches pour obtenir la résidence permanente et on est arrivés à Montréal fin 2014. Le but était de vraiment vivre une aventure. Nous sommes des entrepreneurs et nous avions envie de nouveauté pour apporter ce côté international à nos enfants. À l’époque, nous imaginions presque qu’il y aurait des gens qui nous attendraient à la sortie de l’aéroport pour nous trouver du travail !

Ça ne s’est pas passé comme ça, n’est-ce pas ?

Pas du tout. J’ai quand même obtenu un travail auprès du ministère de l’Agriculture québécois comme gestionnaire de projet pour le Conseil des industries bioalimentaires de l’île de Montréal.

Avez-vous eu des difficultés à faire reconnaître vos diplômes ou même votre expertise ?

Après une équivalence des diplômes obtenue en 2016, mon master 1 en commerce international est devenu ici un DESS en administration et gestion des affaires, et mon master 2 en droit et sciences politiques, une maîtrise en droit. Je me disais qu’avec mon expérience et cette reconnaissance des diplômes ce serait facile d’obtenir un emploi. Pas du tout ! Il s’est passé presque huit mois sans que j’en trouve. Il y a le fait qu’au Québec, si personne ne parle de vous pour obtenir un poste, ça ne marche pas – on ne regarde même pas votre CV. Donc, je déprimais vraiment au point de songer à retourner en France. Le ministère de l’Agriculture ne cessait de me relancer en me disant que, avec mon bagage et ma connaissance des cultures française et québécoise, je pourrais renseigner les entreprises et il donnait déjà mon nom à des clients. J’ai finalement décidé de suivre le

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