Entre volonté d'union et fractures internes, le PS fait sa rentrée à Blois

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure à Caen, le 8 juin 2022 (illustration) - Sameer Al-DOUMY © 2019 AFP
Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure à Caen, le 8 juin 2022 (illustration) - Sameer Al-DOUMY © 2019 AFP

Le Parti socialiste a fait sa rentrée politique vendredi à Blois avec la volonté de construire un "nouveau PS", en commençant par se réconcilier avec certains réfractaires à l'alliance de gauche Nupes, comme la présidente de la région Occitanie Carole Delga.

Hostile à l'accord trouvé en mai avec les Insoumis, les écologistes et les communistes, Carole Delga, qui avait soutenu les dissidents PS opposés à la Nupes aux législatives, n'a pas l'intention de quitter le PS ou de mener la fronde contre le Premier secrétaire Olivier Faure. Bien au contraire, les deux se sont affichés ensemble tout sourire, se donnant du "cher Olivier", "chère Carole".

Celle que certains voyaient déjà comme la personnalité montante capable de prendre la tête du parti, a défendu "le collectif, plus que jamais le collectif". Sans jamais citer "la Nupes", préférant parler de "la gauche", elle a ainsi affirmé: "Le PS, pour qu'il soit fort, il faut qu'il soit uni", lors d'un discours juste avant l'ouverture des journées d'été. "On est uni, vous l'avez vu. Si j'étais aujourd'hui à coté d'Olivier Faure, c'est que je le voulais", a-t-elle précisé à la presse.

"Je ne demande à personne ici de se renier, au contraire d'affirmer ce que nous sommes", a répondu Olivier Faure.

Des éléphants qui refusent de s'aligner

Pour lui, si la coalition de la Nupes "a supposé des sacrifices importants", et si le débat au sein du parti "a été vif", "désormais nous devons dépasser ce moment-là". "L'enjeu central" n'est plus dans cette confrontation, car "tout le monde enregistre le choix stratégique qui a été fait", mais désormais "c'est de consolider notre formation politique", assure Maxime Des Gayets, secrétaire national du PS.

Mais un certain nombre d'"éléphants" du parti restent hostiles à la Nupes et accusent Olivier Faure d'être "soumis aux Insoumis". Plusieurs des principaux opposants à l'alliance étaient ainsi absents à Blois, à l'instar de l'ex-président François Hollande, qui prépare un nouveau livre, de l'ex-ministre Stéphane le Foll, qui a réuni des anti-Nupes en juillet dans la Sarthe, ou de l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve qui, lui, a quitté le PS après l'alliance avec LFI.

Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin, qui rêve de ravir la tête du parti à Olivier Faure, est bien présente, mais elle se réserve surtout pour le futur Congrès, qui devrait avoir lieu en janvier. "Je poserai un texte dans la perspective d'être candidate", a-t-elle confirmé devant la presse, estimant que le Congrès devait être "un moment de clarification de la gauche, et non un référendum pour ou contre la Nupes".

Pour l'ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadelis, qui la soutient, "la Nupes est mort-née", et va "lentement se décomposer sur les points durs de la rentrée" (retraite, budget, etc), et avec les échéances des Européennes, où LFI propose un liste commune, ce qui pour l'instant ne fait pas l'unanimité au PS. Pour Olivier Faure, l'enjeu est de reconstruire un "nouveau PS", selon le thème du campus d'été.

Des militants "déboussolés"

Après le fiasco de la présidentielle, l'accord de la Nupes pour les législatives a permis au PS de sauver les meubles et de conserver un groupe de 31 députés, loin derrière les 77 députés de LFI. Une réussite néanmoins pour Olivier Faure, qui défend le rassemblement de la gauche depuis longtemps et se dit fier d'avoir "réancré le PS à gauche".

Il s'agit aussi de mener un travail d'explication "auprès des militants qui ont pu être déboussolés par cette alliance inédite où nous sommes minoritaires", explique un cadre du parti qui aspire à "faire évoluer l'équilibre actuel" des forces au sein de la Nupes.

Dans un discours samedi soir Olivier Faure devrait défendre à nouveau sa stratégie, après un débat dans l'après-midi en plénière avec plusieurs partenaires de la Nupes, comme la députée LFI Clémentine Autain, ou le député européen EELV Yannick Jadot, sur le thème "avec qui nous battons-nous?".

Article original publié sur BFMTV.com