Entre le Soudan et l’Éthiopie, un conflit de plusieurs décennies pour le triangle d’El-Fashaga

AFP - ASHRAF SHAZLY

Les manifestations exigeant le retour d'un gouvernement civil au Soudan jeudi 30 juin et vendredi 1er juillet ont éclipsé la situation qui à la frontière entre le Soudan et l'Éthiopie, dans le triangle d'El-Fashaga. L'armée soudanaise a pourtant lancé une offensive d'envergure dans ce secteur mardi 28 juin, après la mort de sept soldats et d'un civil, tués selon elle par l'armée éthiopienne, ce qu'Addis Abéba dément. Mais ce conflit n'est pas récent : il s'enracine dans une longue histoire remontant au siècle dernier.

Le triangle d'El-Fashaga est un territoire agricole très fertile, arrosé par une abondante saison des pluies, enserré entre le désert soudanais et les collines arides de l'Éthiopie. On y cultive sur 260 km2 du sésame, du sorgho, du tef. Mais Éthiopiens et Soudanais s'y battent aussi depuis longtemps, à coups de mortiers, de raids commandos et d'assauts d'infanterie.

Côté soudanais, on se prévaut de l'accord frontalier signé en 1902 entre l'empereur éthiopien Menelik II et le colon britannique qui a attribué ce territoire au Soudan. Côté éthiopien, les forces de l'État voisin de l'Amhara - police régionale et milice paysanne - affirment y assurer la sécurité des agriculteurs qui cultivent cette zone, qui s’y sont installés après le retrait de l’armée soudanaise de la région en 1995.

Ces derniers temps, la question du triangle d'El-Fashaga est redevenu un enjeu politique dans les deux pays. Au Soudan, alors même que des milliers de manifestants exigeaient le retour des civils au pouvoir cette semaine, la télévision publique soudanaise affichait, au nom de l'union sacrée, le hastag « Nous sommes tous les forces armées » en rendant compte des opérations militaires.

Le gouvernement éthiopien, de son côté, ne lâche rien, refusant de se couper des élites amharas qui le soutiennent et qui l'ont aidé à faire la guerre dans le Tigré.

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