Entre Paris et Bamako, la guerre des ONG

La junte malienne a annoncé, lundi 21 novembre au soir, l’interdiction des activités de toutes les ONG financées ou soutenues par la France, y compris celles qui opèrent dans le domaine humanitaire. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, justifie cette mesure par l’annonce récente par la France de la suspension son aide publique au développement à destination du Mali. Le Quai d’Orsay avait précisé que la France maintenait son aide humanitaire et quelques soutiens à des organisations de la société civile maliennes.

“Un divorce dans la douleur”, s’exclame L’Informateur à Bamako. Un divorce “on ne peut plus symptomatique de la francophobie ambiante en Afrique, pointe le journal malien, qui prend prétexte de tout pour ruer dans les brancards d’une relation France-Afrique déséquilibrée avec, par endroits, des accents exécrables de néocolonialisme”.

“Pourtant, ajoute le quotiden, en neuf ans de présence militaire française au Mali, Paris a payé cher sa dette de sang, avec la perte de 53 soldats et une facture journalière d’un milliard de francs CFA, sans oublier le matériel détruit.”

“En vérité”, conclut le journal :

“Bamako a placé trop haut la barre de ses attentes vis-à-vis de la France dans cette guerre contre les terroristes.

Une mesure “critiquable” et “impopulaire”

“La tension refait surface entre le Mali et la France, soupire le journal en ligne Malikilé. Les deux pays, depuis une semaine, prennent des mesures de rétorsion réciproques. Et les victimes, ce sont les pauvres populations maliennes qui ne cherchent qu’à vivre et à manger à leur faim.”

En effet, précise Malikilé, “même si les Maliens, dans leur majorité, soutiennent les autorités dans leurs actions de réciprocité aux différentes attaques extérieures, l’interdiction des ONG françaises est plus qu’impopulaire. Il est critiquable, affirme le journal en ligne, que les autorités qui disent défendre les intérêts de la population, interdisent des ONG qui, pourtant, sont au chevet de ces mêmes populations dans plusieurs domaines.”

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