Entre les deux Corées, des tirs de missiles sans précédent

PHOTO JUNG YEON-JE/AFP

“Jusqu’où Kim Jong-un veut-il aller ?” Voilà la question que pose le Corriere della Sera après la journée mouvementée qu’a vécue la Corée du Sud. Mercredi 2 novembre, “la Corée du Nord a lancé 23 missiles air-sol, dont au moins un est tombé dans la mer, à 26 kilomètres au sud de la ligne de démarcation [qui fait office de frontière maritime, non reconnue par Pyongyang] et à 57 kilomètres à l’est de la ville côtière de Sokcho [dans le nord-est de la Corée du Sud].”

Pour le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, cette action a constitué une “invasion territoriale de fait”, et ce même si “les missiles n’ont pas effectivement touché les eaux territoriales du Sud”, précise le quotidien italien.

Car comme le rapporte de son côté la BBC, “les militaires sud-coréens affirment qu’il s’agit de la première fois depuis la guerre de Corée [1950-1953] qu’un missile balistique ‘a atterri au sud de la ligne de démarcation, si près de nos eaux territoriales’”. Autre caractère inédit de ce nouvel épisode de tension : le nombre de missiles envoyé par Pyongyang en un seul jour : 23. Un record, selon Séoul.

Yoon Suk-yeol a riposté en ordonnant le tir de trois missiles, tombés dans une zone maritime au nord de la ligne de démarcation, mais là encore sans atteindre les eaux territoriales nord-coréennes.

“Le prix le plus horrible de l’histoire”

Du point de vue de Pyongyang, les tirs de missiles étaient une réaction légitime aux exercices militaires à grande échelle que tiennent conjointement la Corée du Sud et les États-Unis. Il s’agit là d’un comportement “agressif et provocateur” selon les autorités du Nord, qui avaient prévenu mardi que ces pays paieraient “le prix le plus horrible de l’histoire” s’ils poursuivaient leurs exercices. Voilà qui est interprété par le média britannique comme “une menace voilée d’usage de l’arme nucléaire”, et par le Corriere della Sera comme un signe qu’un “test nucléaire nord-coréen, le septième du pays”, serait “imminent et inévitable”.

Un choix presque obligé selon le journal milanais, qui parle de la Corée du Nord comme d’un pays “étouffé par les sanctions internationales” et qui voit dans la menace de l’usage du nucléaire “la seule possibilité pour contraindre Séoul (et peut-être Washington) à négocier des concessions”.

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