"Pas grand-chose n'a changé" : dix ans après la révolution, la déception de nombreux Tunisiens

Valérie Crova
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C'était il y a dix ans jour pour jour, l’immolation de Mohamed Bouazizi, jeune vendeur ambulant de 26 ans, à Sidi Bouzid en Tunisie. Cet acte sonnait comme le coup d’envoi de la révolution de Jasmin, qui devait renverser un mois plus tard le président Ben Ali et faire boule de neige dans le monde arabe. Dix ans plus tard, la jeune démocratie tunisienne est confrontée aux difficultés économiques amplifiées par la crise du coronavirus. Des difficultés qui nourrissent la désillusion des jeunes de Sidi Bouzid.

La place principale de la ville est décorée de petits fanions. Comme chaque année, la ville s'apprête à célébrer l'anniversaire de la révolution d'octobre. Le cabinet du docteur Nasri Bouderbala se trouve à quelques dizaines de mètres de l'ancien siège du gouvernorat. C'est ici que Mohamed Bouazizi s'est aspergé d'essence avant de s'immoler, un geste de protestation contre la saisie de sa charrette de fruits et légumes qu'il vendait à la sauvette.

Peu de choses ont changé

Le docteur Nasri Bouderbala est un citoyen engagé. Il préside la section locale de la Ligue tunisienne des droits de l'homme. Comme tous les Bouzidi, il a vécu au plus profond de sa chair ce jour de décembre 2010, qui a transformé sa ville en capitale de la révolution : "C'est un honneur que tous les gens partagent, mais cet honneur est de plus en plus imprégné d'une déception, qui ne cesse de progresser. Dix ans après la révolution, il n'y a pas grand-chose qui (...)

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