Entre 2900 et 3200 pédocriminels au sein de l'Eglise catholique en France depuis 1950

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Photo d'illustration - FRANCOIS GUILLOT © 2019 AFP
Photo d'illustration - FRANCOIS GUILLOT © 2019 AFP

Il y a eu "entre 2900 et 3200 pédocriminels", hommes - prêtres ou religieux - au sein de l'Eglise catholique en France depuis 1950, a déclaré à l'AFP ce dimanche le haut-fonctionnaire Jean-Marc Sauvé, le président de la Commission qui enquête sur la pédocriminalité dans l'Eglise.

"Il s'agit d'une estimation minimale", fondée sur le recensement et le dépouillement des archives (Eglise, justice, police judiciaire et presse) et sur les témoignages reçus par cette instance, a-t-il ajouté. C'est un chiffre à rapporter à une population générale de 115.000 prêtres ou religieux au total sur cette période de 70 ans.

2500 pages

Après deux ans et demi de travaux, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (Ciase) rend mardi les conclusions, dans un rapport, qui annexes comprises, montera finalement à "2500 pages", a-t-il précisé.

Le rapport donnera un état des lieux quantitatif du phénomène, et notamment du nombre de victimes. Il comparera la prévalence des violences sexuelles dans l'Eglise à celle identifiée dans d'autres institutions (associations sportives, école...) et dans le cercle familial. La commission évaluera également les "mécanismes, notamment institutionnels et culturels" qui ont pu favoriser la pédocriminalité et listera 45 propositions.

Une Eglise de France "profondément bouleversée"

Des prêtres aux fidèles, c'est le monde catholique dans son intégralité qui se trouve saisi par cette révélation. Nos équipes se sont déplacées jusqu'à la paroisse de Saint-François-Xavier dans le VIIe arrondissement de Paris. Sur place, Monseigneur Bruno Lefèvre-Pontalis lance en préambule: "C’est un drame, c’est des crimes. On est les uns et les autres profondément bouleversés."

Il doit aborder le sujet à l'occasion de son homélie dominicale. Il tentera de tenir une ligne de crête: " Je vais leur dire : ‘Ce sera dur mais la vérité nous rend libre, il faut en passer par là. Prions pour les victimes. Je vais les encourager à ne pas se cacher les yeux et à ne pas claquer la porte mais à, ensemble, traverser la tempête.’" "On est à l’opposé d’une politique de l’autruche", note-t-il.

Colombe est l'une des ouailles de la paroisse. Elle tente de trouver les raisons du silence trop longtemps entretenu autour de cette forme de criminalité dans l'Eglise: "Je pense qu’il y a eu de la peur, du déni." Et pour elle, la publication deu rapport de la Ciase est essentielle: "C’est très important pour les parents qui laissent leurs enfants dans une école catholique où ils savent qu’ils vont croiser des prêtres."

Article original publié sur BFMTV.com

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