Les enseignements du second tour des municipales

Chloé Morin, experte associée à la Fondation Jean-Jaurès, co-fondatrice de Societing, décrypte pour Paris Match les enseignements du second tour des municipales.

Paris Match. La participation a été historiquement basse (entre 40 et 41%). Etait-ce attendu dans dans cette proportion ?
Chloé Morin. On savait que la participation allait être basse, l’abstention est conforme aux estimations des différents instituts de sondage. Bien sûr le contexte lié à la crise sanitaire du Covid19 a joué. L’entre-deux tour a été extrêmement long et de nombreux électeurs ont perdu le fil de ces élections, le sens des enjeux de celles-ci. Il y a aussi le traumatisme du premier tour avec lequel il faut compter. Beaucoup d’électeurs avaient voté le 15 mars dernier sans avoir eu conscience du risque qu’ils prenaient. On peut penser qu’une partie des électeurs se sont dits qu’ils n’allaient pas prendre le moindre risque cette fois-ci. Il faut se rappeler que, même si l’heure aujourd’hui est à un déconfinement progressif, deux tiers des Français ont encore l'angoisse d’être contaminés par le coronavirus. On peut également penser que les Français veulent reprendre leur vie normale, pensent aux vacances, aux week-ends, aux sorties et n’ont tout simplement pas la tête à la politique. Cette abstention record est d’autant plus marquante que les municipales sont des élections que les Français aiment bien et que les maires sont en général appréciés des électeurs.

Avons-nous assisté à une vague verte ?
Les écologistes ont des victoires symboliques fortes (Lyon, Strasbourg, Marseille, Bordeaux, Ndlr) mais ils ne gagnent jamais seuls, toujours avec une partie de la gauche. C’est la stratégie de l’union qui est validée ce soir. Tout le monde aura dès lundi les yeux rivés sur l’élection présidentielle de 2022. Or, dans ce cadre, deux stratégies à gauche vont s’affronter: celle de Jean-Luc Mélenchon, de La(...)


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