ENQUETE. Comment le président turc Recep Tayyip Erdogan infiltre la France

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Un avertissement en guise de mot d'accueil. Reçu en visite officielle à Paris, le 5 janvier 2018, le président Recep Tayyip Erdogan avait lancé aux dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) cette sentence provocatrice : "Les musulmans de France sont sous ma protection. Ceux qui vous touchent me touchent." Trois ans plus tard, alors que les tensions se sont multipliées – jusqu'aux invectives publiques – entre le chef d'État ottoman et Emmanuel Macron autour de la politique française de lutte contre l'islamisme, les informations collectées par les services de renseignement attestent la réalité de l'activisme turc sur notre territoire.

Plusieurs rapports adressés à l'Élysée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et la Direction du renseignement de la Préfecture de police (DRPP) à la fin du mois d'octobre 2020 – et que le JDD a pu consulter – dévoilent l'ampleur, les formes et les objectifs d'une véritable stratégie d'infiltration impulsée depuis Ankara au moyen de réseaux animés par l'ambassade de Turquie et le MIT, le service d'espionnage turc. Ces "vecteurs d'influence" pointés par les experts français agissent principalement auprès de la population turque immigrée, mais aussi à travers les organisations musulmanes et même depuis peu dans la vie politique locale, par l'appui apporté à des élus inféodés.

Des écoles où les professeurs turcs sont "tous inféodés à l'AKP"

Longtemps, les servic...


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