ENQUETE FRANCEINFO. "Il ne faut pas casser le commerce" : la laborieuse lutte contre le blanchiment d'argent sur le marché de l'art

Louise Hemmerlé
Dans son dernier rapport, Tracfin déplore le manque d'implication des professionnels du secteur dans la lutte contre le blanchiment d'argent. Explications.

La toile était dissimulée dans une valise. Pour lui faire passer les douanes de l'aéroport JFK à New York, de faux papiers indiquaient qu'elle ne valait que 100 dollars. En réalité, Hannibal de Jean-Michel Basquiat en valait huit millions. Cette pièce, découverte en 2007 alors qu'elle venait d'atterrir aux Etats-Unis, appartenait au banquier brésilien Edemar Cid Ferreira, condamné en 2006 à 21 ans de prison. Il blanchissait le butin de ses multiples fraudes financières grâce à une collection de quelque 12 000 œuvres d'art.

Rien de tel qu'une toile pouvant tenir dans une valise, traverser des frontières et être stockée dans des ports francs, ces zones non contrôlées par les douanes, pour blanchir de l'argent sale. La vente non plus n'est pas épargnée : les œuvres acquises illicitement – par le vol, des fouilles illégales ou des pillages – se retrouvent parfois sur le marché de l'art. Ce dernier est "notoirement opaque et non réglementé", analyse Natasha Degen, professeure au Fashion Institute of Technology à New York. Mais ces méthodes sont désormais dans le viseur de Tracfin, la cellule de Bercy chargée de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Dans son dernier (...)

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