Enquête russe: Place aux délibérations au procès de Paul Manafort

Les jurés du procès de Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump, ont commencé jeudi leurs délibérations. Le consultant politique, poursuivi pour fraudes bancaires et fiscales, est passible d'une lourde peine de prison. /Photo prise le 16 août 2018/REUTERS/Chris Wattie

ALEXANDRIA, Virginie (Reuters) - Les jurés du procès de Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump, ont commencé jeudi leurs délibérations. Le consultant politique, poursuivi pour fraudes bancaires et fiscales, est passible d'une lourde peine de prison.

Son procès, même s'il ne porte pas sur des faits directement liés à une possible collusion entre des membres de l'équipe de campagne du président américain et des responsables russes, est le premier à découler des investigations menées depuis mai 2017 par le procureur spécial Robert Mueller.

Les six hommes et six femmes composant le jury se sont retirés dans une pièce du tribunal fédéral d'Alexandria, en Virginie, près de Washington. Ils doivent examiner les 18 chefs d'inculpation visant Manafort.

Lors du procès, qui a duré deux semaines, les procureurs ont fait déposer 27 témoins à la barre. La défense n'a pas souhaité produire de témoins, estimant que l'accusation avait échoué à démontrer la réalité des charges retenues contre Manafort.

Le dossier porte sur les millions de dollars gagnés par Manafort, aujourd'hui âgé de 69 ans, pour son travail de consultant politique auprès de politiciens pro-russes en Ukraine, dont l'ex-président Viktor Ianoukovitch qu'il a conseillé lors de sa campagne électorale victorieuse en 2010.

Les procureurs accusent Manafort d'avoir dissimulé plus de 16 millions de dollars au fisc et d'avoir obtenu frauduleusement 20 millions de prêts bancaires.

Ses avocats ont notamment attaqué la crédibilité de Rick Gates, ancien associé de leur client et témoin-clef de l'accusation. Lui aussi inculpé par le procureur Mueller, Gates a plaidé coupable et coopère avec les enquêteurs. Kevin Downing, avocat de Manafort, a notamment utilisé une liaison extraconjugale de Gates pour tenter de mettre sa parole en doute.

Aucune limite de temps n'a été fixée aux jurés par le juge T.S. Ellis.


(Karen Freifeld and Nathan Layne; Henri-Pierre André pour le service français)