ENQUÊTE FRANCEINFO. Pourquoi "gilets jaunes" et black blocs ont fini par faire cause commune

Kocila Makdeche
A plusieurs reprises, "gilets jaunes" et militants de la gauche radicale ont manifesté côte à côte, donnant lieu à des affrontements d'une rare violence avec les forces de l'ordre. Mais comment ce rapprochement s'est-il opéré au fil des semaines ?

Une haie d'honneur. C'est sous les applaudissements des "gilets jaunes" que les militants du black bloc débarquent sur la place de l'Etoile, samedi 16 mars. "Ahou, ahou !", répond d'une seule voix le cortège de manifestants vêtus de noir, en référence au cri de guerre des Spartiates dans la Grèce antique. L'un d'eux se cache des objectifs des journalistes derrière un parapluie, tandis qu'un autre brandit un fumigène jaune en solidarité avec le mouvement de protestation. "Pendant longtemps, ça a été 'je t'aime, moi non plus' avec les 'gilets jaunes'", raconte à franceinfo Mathias*, un militant anarchiste parisien qui se trouvait sur les Champs-Elysées ce jour-là. "Il faut avouer qu'on ne s'attendait pas à un tel accueil."

Sebastian*, un "gilet jaune" suisse venu à Paris pour l'occasion, faisait partie de ceux qui ont applaudi le black bloc. "Dès qu'ils sont arrivés, on s'est fait gazer par la police. Mais eux, ils vont au front, ils dégagent les lacrymos", s'enthousiasme le quadragénaire. Le rassemblement tourne à la bataille rangée entre forces de l'ordre et manifestants, sans que l'on puisse réellement distinguer les militants du black bloc des "gilets jaunes".

Les façades de plusieurs commerces des Champs-Elysées en feront les frais, notamment le Fouquet's, le célèbre restaurant huppé, pillée puis incendiée. "Quand la vitrine du magasin Hugo Boss vole en éclats et que tout le monde applaudit, c'est bien la preuve qu'il y a une démocratisation de (...)

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