Enfants français détenus en Syrie: une avocate alerte le Quai d'Orsay

Paolini, Esther
D'après le ministère des Affaires étrangères, 120 enfants français sont détenus dans les camps kurdes en Syrie. / OMAR HAJ KADOUR/AFP

Une avocate représentant une mère et ses deux enfants retenus dans les camps kurdes en Syrie appelle l'État français à agir pour le rapatriement des mineurs. Le ministère des Affaires étrangères assure que 120 enfants français sont bloqués là-bas.

Nihad a 9 ans, son petit frère Salman 2. Tous les deux sont de nationalité française. Ils sont enfermés depuis près d'un an et demi avec leur mère dans un camp dit de «déplacés» au Kurdistan irakien, une zone au nord de la Syrie dont Paris ne reconnaît pas l'autorité. Depuis la France, leur famille se bat pour les faire rapatrier. Leur avocate, Sophie Mazas rencontre ce jeudi après-midi le conseiller spécial de Jean-Yves Le Drian au Quai d'Orsay, dans l'espoir qu'enfin les autorités françaises se mobilisent.

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Saïda quitte Lunel (Hérault) avec sa fille pour rejoindre la Syrie en juin 2015, en plein divorce avec le père. «Elle a surpris tout le monde, la famille était malgré tout soudée», raconte son avocate au Figaro. Là-bas, elle épouse un djihadiste et donne naissance à un second enfant. Trois ans plus tard, la jeune femme de 31 ans réalise qu'elle a fait «une énorme connerie. Elle n'avait pas assez de recul à l'époque», explique maître Sophie Mazas.

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Aujourd'hui retenue dans le camp de Roj, Saïda ne porte plus le voile. Un choix mal vu au sein des autres femmes «déplacées». «Elle s'est fait caillasser fin août. Maintenant elle est effrayée et ne laisse plus sortir ses enfants de la tente», déplore son conseil. La Française est lucide sur son sort et reconnaît son erreur. Elle a donc fait savoir qu'elle acceptait de rapatrier ses enfants sans leur mère. En France, les deux oncles et les grands-parents pourraient les accueillir. Mais les mois passent, et Nihad et Salman restent bloqués à plus de 4000 kilomètres de là.

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