Je suis un enfant du demi-siècle

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Le plus souvent j’aime les romans qui m’entraînent hors de mon monde, hors de moi. Une évasion salutaire… Avec Deux enfants du demi-siècle, le dernier roman de Charles Nemes, j’ai ressenti le contraire. Et j’ai dégusté ce contraire. Etrange impression que ce sentiment d’appartenir à une histoire qui n’est pourtant pas la vôtre ! Qui n’est même pas la sienne… Un vrai «transfert» littéraire en quelque sorte.

Charles Nemes parle d’une époque qui est la mienne, de personnages que j’ai côtoyés, d’amours que j’ai vécues, d’ambitions que j’ai rêvées, de questionnements politiques et religieux qui m’ont traversé et qui me démangent toujours. Et pourtant cette histoire n’est pas la mienne, ni de près, ni de loin ! C’est un roman qui, d’une certaine façon, me rend jaloux. Délicieusement jaloux. Nemes m’a emprunté mon monde, ma jeunesse, ma façon de vivre, mes contradictions politiques, mes amours et mes amis, ma famille et ma belle-famille, mes rêves cachés d’être un écrivain et non pas un simple correcteur, mes carences de père, de mari ou d’amant, mes tentatives de retrouvailles amoureuses pour fuir le vieillissement. Jaloux, parce qu’il l’écrit bien mieux que moi… qui ne l’ai pas écrit. Et qui ne l’écrira jamais.

J’ai lu et apprécié tous ses romans mais là, sa plume est plus simple, plus dépouillée ; la narration, parfois complexe sans jamais être compliquée, est enlevée et jubilatoire. On traverse un demi-siècle allégrement ! Comme je connais aussi Charles Nemes en tant que cinéaste et étant moi-même comédien, je trouve toujours dans ses romans une résonance cinématographique. J’y vois des images, des plans, des séquences, des dialogues graves ou malicieux, des personnages qui donnent envie de les interpréter. Un cinéma d’auteur. A quand une adaptation cinématographique de Deux enfants du demi-siècle ? Ou de Pourquoi les coiffeurs, de N’oublie pas mon petit cadeau, d’Un chien dans la gorge ? A quand un deuxième film d’auteur, après Tableau d’honneur ? Et à quand un nouveau (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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