Endométriose: la résolution Autain adoptée à l'Assemblée, contre l'avis du gouvernement

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Tous les députés, LREM y compris, y sont favorables.

POLITIQUE - “Pour, 111; Contre, 0”. C’est suffisamment rare pour être souligné, surtout en cette période troublée au Palais Bourbon. Ce jeudi 13 janvier, la proposition de résolution des Insoumis, portée par Clémentine Autain, afin de reconnaître l’endométriose comme une maladie longue durée a été adoptée à l’unanimité, par tous les groupes, LREM compris.

“Grande victoire à l’Assemblée pour les millions de femmes qui souffrent de l’endométriose”, a réagi la députée de Seine-Saint-Denis, qui présentait cette proposition de résolution. “Elle ouvre la voie au remboursement des soins, à des congés maladie, pour les malades. Fierté et joie pour les femmes atteintes”. 

Cette victoire pour les insoumis, approuvée par tous les députés n’a, en revanche, pas encore trouvé l’écho du gouvernement, seul habilité à mettre en œuvre cette résolution qui concerne une femme sur dix. “En donnant un avis défavorable, Olivier Véran a mis fin à cette concorde nationale”, regrette Clémentine Autain auprès du HuffPost, juste après l’adoption de sa proposition de résolution.

Plus ambitieux que le plan du président

Il faut dire qu’il y a seulement trois jours, le président de la République a dévoilé les contours de son plan pour l’endométriose, annoncé en 2017, qui est moins ambitieux que la proposition des députés. Dans une vidéo mise en ligne le lundi 11 janvier -que beaucoup, y compris au sein de sa majorité ont perçu comme un contre-feu en vue de ce vote-, le président n’annonce aucun budget et aucune reconnaissance comme une infection longue durée (ALD).

“La HAS (Haute Autorité de Santé) est arrivée à la conclusion que les critères n’étaient pas réunis”, justifiait l’Élysée, peu avant la mise en ligne de cette vidéo. Un argument repris par Olivier Véran dans l’hémicycle qui défend, du bout des lèvres, le projet du président.

Pourquoi les députés LREM n’ont-ils pas suivi l’avis du gouvernement ? “Il faut absolument voter pour ce texte”, estimait, en privé, l’un des proches d’Emmanuel Macron le 12 janvier, afin, selon lui, d’éviter un nouveau tollé parlementaire, comme la majorité a pu en connaître sur le congé de deuil par exemple. Sans pour autant aller jusqu’à la mise en place du texte ?

Clémentine Autain n’entend en tout cas pas s’arrêter là et souhaite continuer à mettre la pression sur le gouvernement pour que “la souffrance de toutes ces femmes soit reconnue”. “Il faut passer de la parole aux actes”, a-t-elle encore réclamé, face à ce qu’elle nomme “un mépris du parlement” de la part de l’exécutif. Elle ne désespère pas que le gouvernement change d’avis et mette en application sa résolution, soutenue par l’ensemble de la représentation nationale.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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