Est-il encore possible de débattre aujourd'hui ? Tentative de réponse avec Alain Caillé

Sociologue et fondateur de la " Revue du MAUSS " (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales), Alain Caillé publie " L’urgence d’un modérantisme radical ". Il y plaide pour une nouvelle éthique de la discussion, afin de permettre à nouveau du débat.

Marianne : Selon vous, le débat public s’apparente à une guerre civile. Pouvez-vous développer ?Alain Caillé : Plus précisément, je parle de " guerre civile larvée ". Celle-ci menace d’exploser d’abord dans la société. En témoignent, en France, l’attrait du djihad chez un certain nombre de jeunes ou le mouvement des gilets jaunes, la violence croissante des attaques contre les policiers ou les pompiers, la montée de la haine sur les réseaux sociaux, etc. Ou aux États-Unis, le gouffre abyssal qui s’est creusé entre républicains et démocrates. Mais ce qui me frappe c’est la réfraction de ces haines et de l’intolérance qu’on voit monter non seulement sur les réseaux sociaux mais aussi dans les médias légitimes entre personnes ou courants de pensée pourtant assez proches sur tout un ensemble de sujets, par exemple chez ceux qui tous se réclament de la gauche.Comment l’expliquez-vous ?Par deux séries de causes enchevêtrées de manière complexe. D’une part, l’hégémonie mondiale du néolibéralisme, et avec lui d’un capitalisme rentier et spéculatif, induit une dislocation de tous les cadres sociaux et culturels hérités. De l’autre, on assiste au début de l’aboutissement de l’irrésistible dynamique démocratique si bien mise...

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