En plein reportage, des journalistes italiens se font séquestrer par une sénatrice roumaine antivax

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Ces derniers mois, Diana Sosoaca a mené la fronde anti-vaccin en Roumanie (Photo : Lutcanu Iuliana/KONTROLAB/LightRocket via Getty Images)

Alors qu'il tentaient d'interviewer Diana Sosoaca, une femme politique roumaine farouchement opposée à la vaccination contre le Covid-19, une équipe de journalistes italiens a vécu un moment particulièrement désagréable.

Mécontente de son entrevue avec les journalistes, elle a manifestement cherché à faire disparaître les images. Une sénatrice roumaine a récemment provoqué un début d'incident diplomatique entre son pays et l'Italie, après s'être comportée de manière aussi odieuse que menaçante avec une équipe de journalistes transalpins.

A l'origine, comme l'explique la RTBF, la reporter Lucia Goracci et ses techniciens s'étaient rendus en Roumanie pour tourner un sujet sur "le taux très bas de vaccination contre le Covid-19 du pays". Au cours de son séjour, l'envoyée spéciale avait notamment prévu une interview avec la sénatrice Diana Sosoaca, connue pour ses prises de position très tranchées en opposition à la campagne de vaccination.

L'interview s'envenime, puis dégénère

Au cours de cet entretien, cependant, le ton est rapidement monté entre la femme politique et la journaliste. Selon la RTBF, Diana Sosoaca aurait notamment envenimé le débat en établissant un parallèle entre les institutions qui poussent les citoyens roumains à se faire vacciner et le régime nazi du IIIe Reich allemand.

La discussion ne cessant de se tendre, la sénatrice aurait, au bout d'un moment, invité l'équipe de journalistes à quitter les lieux, "avant de se raviser, de se lever et d’enfermer les journalistes", raconte le média belge. La situation a alors quelque peu dégénéré, comme en attestent les images tournées par l'équipe de Lucia Goracci et finalement diffusées plus tard, à leur retour en Italie.

Les journalistes arrêtés et placés en garde à vue

Après avoir enfermé les journalistes, Diana Sosoaca aurait ainsi contacté la police en affirmant qu'elle était sous la menace d'un groupe de personnes qui s'étaient introduits dans son bureau. La reporter italienne a ensuite réussi à sortir du bureau de l'élue, et est allée au devant des forces de l'ordre pour expliquer la situation, mais les policiers n'ont visiblement pas prêté attention à sa version des faits. 

S'en est suivie une altercation dans le bureau de la sénatrice, au cours de laquelle les journalistes italiens ont été frappés par le mari de l'élue, avant d'être embarqués par la police locale, sous les ordres de Diana Sosoaca qui les a accusés de vol et a demandé aux forces de l'ordre d'effacer "toutes les images". Placés en garde à vue, Lucia Goracci et ses collègues ont dû contacter l'ambassade italienne pour être finalement autorisés à sortir après plusieurs heures. 

Le premier ministre roumain présente des excuses officielles

Une fois de retour au pays, les journalistes ont ensuite pu monter et diffuser leur reportage au journal télévisé de la RAI, ce qui a déclenché une mini-crise diplomatique entre les deux nations. L'ambassadeur roumain à Rome a ainsi été convoqué et rappelé à l'ordre par les autorités italiennes. Le premier ministre roumain a ensuite fermement condamné les agissements de Diana Sosoaca, présenté des excuses officielles et annoncé l'ouverture d'une enquête.

"Je ne m’attendais pas à ce que cela puisse arriver en Roumanie, a de son côté commenté Lucia Goracci, habituée des reportages en zone de guerre. Oui, j’étais inquiète, surtout lorsque la situation est passée de grotesque à clairement tendue et intimidante. D’autant plus que ça a duré des heures et des heures. Nous avions rendez-vous au bureau de Sosoaca à 15h30, et à minuit, nous étions encore au commissariat."

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