Des empoisonnements par centaines : en Iran, l’alcool de contrebande fait des ravages

Des empoisonnements par centaines : en Iran, l’alcool de contrebande fait des ravages

Bien que l’alcool soit interdit en Iran depuis la fondation de la République islamique en 1979, il est facile d'en trouver au marché noir, qu’il soit introduit illégalement de l’étranger ou produit par des contrebandiers locaux. Mais il présente de vrais dangers : après une récente série d’empoisonnements ayant fait plus de 60 morts, le débat sur les risques de sa consommation est relancé.

Le 8 octobre, les services iraniens des urgences ont annoncé qu’au moins 63 personnes étaient mortes et 727 avaient été hospitalisées en cinq semaines. Les premiers cas ont été signalés dans l’ensemble du pays au début du mois de septembre, les médias iraniens indiquant que les victimes avaient consommé de l’alcool contrefait portant de fausses étiquettes. Selon la presse, des tests effectués sur des victimes dans la ville de Karaj, à 30 kilomètres à l’est de Téhéran, ont révélé des taux létaux de méthanol [forme simple d’alcool].

En Iran, boire de l’alcool est puni de 80 coups de fouet. Néanmoins, la consommation d’alcool est commune, notamment chez les jeunes, et ancrée dans la culture.

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Il est interdit d’importer de l’alcool et la police iranienne intercepte et détruit régulièrement des lots d’alcool introduits en contrebande. Des fabricants impliqués dans le marché noir se sont lancés dans la production de contrefaçons de marques connues. Et alors que certains Iraniens fabriquent leur propre alcool à la maison, des contrebandiers produisent de l’alcool localement à plus grande échelle.

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Les contaminations sont fréquentes : 343 décès ont été dénombrés en 2016-2017. En juin 2014, en une seule journée, 355 empoisonnements avaient eu lieu dans la ville de Rafsanjan, au sud-est du pays.

Cette vidéo a circulé en Iran sur l’application de messagerie Telegram, en septembre et octobre  2018. On y voit un homme donnant des instructions sur la confection d’alcool de contrefaçon en versant du colorant dans la boisson, et refermant la bouteille avec une fausse protection de bouchon. La vidéo a commencé à circuler sur Internet en  2016.