Des employés des musées du Vatican engagent une procédure inédite sur leurs conditions de travail

Une cinquantaine d'employés ont lancé une mise en demeure au gouvernorat de la Cité du Vatican pour attirer l'attention sur la précarité de leurs contrats. Une démarche inédite qui pourrait déboucher sur la première procédure de groupe dans l'histoire du plus petit État du monde.

Avec notre correspondant à Rome, Éric Senanque

Ils sont 49 employés, en très grande majorité des gardiens des musées du Vatican, et ont décidé d’attirer l’attention sur leurs conditions de travail, dans un lieu qui accueille plus de cinq millions de visiteurs par an. Dans une mise en demeure, ces employés dénoncent la pénibilité de leur quotidien, des conditions qui portent atteinte à leur dignité ou à leur santé. Laura Sgrò est l’avocate des plaignants. « Parmi les nombreux problèmes relevés, il y a le fait que les heures supplémentaires soient moins payées que les horaires de travail ordinaires, et de manière générale, il n’y a pas d’amortisseurs sociaux, pas de chômage partiel qui puisse couvrir les risques », dit-elle.

Un minimum de protection

Les employés et leur avocat demandent que le Vatican s’aligne sur le droit du travail en vigueur dans la plupart des pays européens, garantissant un minimum de protection. Une révolution culturelle pour le plus petit État du monde, peu habitué au dialogue social. « Au Vatican, les syndicats n’existent pas, les normes sont émises sans être remises en question, sans même que la voix des employées ne soit prise en compte », rappelle l’avocate.


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