Les employés d'Alitalia dans la rue pour réclamer son sauvetage

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Environ un millier de salariés d'Alitalia ont manifesté mercredi à Rome pour demander au gouvernement de renflouer la compagnie aérienne en grande difficulté financière et protester contre le "diktat" de Bruxelles, qui retarde selon eux son sauvetage.

"Ne touchez pas à Alitalia!", "Tentez de dire aux Français de renoncer au logo Air France!" et "Un vrai pays fait voler son fleuron national au lieu de le piétiner", pouvait-on lire sur les banderoles agitées par les manifestants.

Certains portaient un faux cercueil orné du drapeau de l'Union européenne et d'une maquette d'avion d'Alitalia.

"Les ressources financières d'Alitalia sont épuisées et il existe un risque réel que la compagnie soit clouée au sol d'ici quelques semaines", ont prévenu les syndicats Filt Cgil, Fit Cisl, Uiltrasporti et Ugl dans un communiqué.

Les conditions que Bruxelles "dicte" pour faire redécoller la compagnie italienne sont "inacceptables, vexatoires et discriminatoires", ont-ils dénoncé.

Parmi ces conditions figurent l'abandon de la marque "Alitalia" pour la nouvelle société publique qui doit naître de ses cendres, la vente séparée de la maintenance et des services au sol ainsi que la cession de créneaux aéroportuaires ("slots").

"On doit revenir à une situation normale, les vols doivent reprendre", a réclamé l'un des manifestants, Raffaele, 50 ans.

"Le gouvernement doit se mobiliser pour relancer la compagnie nationale, comme en France!", a renchéri Claudia, une hôtesse de l'air de 45 ans.

Les négociations entre Rome et la Commission européenne sur le plan de sauvetage d'Alitalia entamées début mars sont "dans l'impasse", a reconnu il y a deux semaines le gouvernement italien.

Sous la pression de Bruxelles, les ambitions du plan de relance d'Alitalia ont été revues à la baisse. Il est désormais question d'une flotte réduite de moitié, à 45 appareils, et d'effectifs ramenés à 4.500 salariés, voire moins, pour le secteur de l'aviation. Au total, la compagnie compte plus de 11.000 employés.

"Des plans alternatifs sont à l'étude, il faudra tout reconsidérer" si les négociations avec Bruxelles "échouent", a indiqué mercredi le ministre du Développement économique Giancarlo Giorgetti lors d'une rencontre avec les syndicats.

"Nous n'accepterons pas des discriminations arbitraires" de la part de Bruxelles, avait prévenu jeudi devant la presse le chef du gouvernement Mario Draghi, interrogé sur d'éventuelles inégalités de traitement par rapport à Air France.

Bruxelles avait validé début avril un plan d'aide de 4 milliards d'euros pour Air France-KLM, durement frappée par la crise du Covid-19. En contrepartie, Air France s'est engagée à mettre à disposition 18 créneaux horaires à l'aéroport de Paris Orly.

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