Emmanuel Maurel : "A gauche, des digues ont cédé sur la laïcité"

Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Maurel a refusé de participer à la marche contre l'islamophobie du10 novembre.

Vous êtes l'un des rares responsables politiques de gauche (et le seul élu sous la bannière de la France insoumise) à avoir refusé de signer l’appel à la marche contre l'islamophobie qui a eu lieu ce dimanche 10 novembre. Pourquoi cette décision ?


L'attentat contre la mosquée de Bayonne, la provocation de l'élu RN contre la mère accompagnatrice voilée, l'hystérie médiatique contre nos compatriotes de confession musulmane ont provoqué une très vive indignation, que je partage. Face à cela, la réaction du Gouvernement a été presque inexistante. Les organisations humanistes et les forces de gauche auraient dû se rassembler pour appeler à une manifestation républicaine contre le racisme. Mais force est de constater que sur ce terrain aussi, nous avons perdu une partie de nos réflexes et de notre capacité d'entraînement.

Les rédacteurs du texte ont profité de cette période de flottement pour proposer un appel dont certaines formulations étaient volontairement ambiguës. L’évocation de prétendues “lois liberticides” laisse pour le moins perplexe. Si on parle de la loi sur l’état d’urgence, qui comporte en effet des dérives graves, elle concerne tous les Français et pas seulement les musulmans. En revanche, si comme l’un des organisateurs l’a finalement confirmé, elle fait allusion aux lois de 2004 et de 2010, qui protègent les enfants du prosélytisme religieux et interdisent le port de la burqa, je ne suis pas d’accord.

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