Emmanuel Macron en visite en Irak, «un pays charnière pour la stabilité du Moyen-Orient»

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Emmanuel Macron entame ce samedi 28 août une visite de deux jours en Irak. La première étape sera à Bagdad pour des entretiens avec les dirigeants irakiens mais aussi pour participer à un sommet régional avec les pays voisins de l’Irak. Il se rendra ensuite dans le nord du pays, à Mossoul et Erbil. Le déplacement est centré sur les tensions régionales et la lutte contre les groupes islamistes armés.

De notre envoyé spécial, Guilhem Delteil, et notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann

C’est la deuxième fois qu’Emmanuel Macron se rend en Irak en l’espace d’un an. « L’Irak est un pays pivot, un pays charnière pour la stabilité du Moyen-Orient », se justifie l’Elysée. Le puissant voisin iranien en a fait une zone d’influence et la Turquie vient y combattre les indépendantistes kurdes. Les groupes islamistes armés sont toujours présents.

Mais Bagdad fait aussi office de médiateur entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Et c’est ce potentiel qu’Emmanuel Macron souhaite souligner. Il veut « promouvoir l’Irak comme un espace de coopération plutôt que comme un espace de confrontation » explique la présidence française, faire « baisser les tensions en favorisant le dialogue », indique notre envoyé spécial à Bagdad, Guilhem Delteil.

Une conférence régionale se tiendra ce samedi 28 août à Bagdad, en présence de représentants de nombreux pays de la région, mais aussi d'Emmanuel Macron. L'Elysée co-organise cet événement, qui a pour objectif de favoriser le dialogue et la stabilité dans la région. Une conférence de taille dans ce pays secoué par les guerres et les conflits depuis des décennies.

Lutte contre les groupes islamistes armés

Les dirigeants iraniens, saoudiens et turcs, rivaux régionaux, ont ainsi été invités. Mais la réussite de cette initiative dépendra d’abord du niveau de représentation des acteurs régionaux à ce sommet. Pour Emmanuel Macron, la stabilité régionale passe aussi par la lutte contre les groupes islamistes armés. L’ombre de l’échec des Occidentaux en Afghanistan planera sur ces discussions.

« La situation n’est pas la même mais on ne peut pas ne pas penser à l’Afghanistan. Il faut tirer les leçons des différentes expériences », reconnaît l’Elysée. À Bagdad, Mossoul puis Erbil, Emmanuel Macron devrait assurer de l’engagement durable de la France dans la lutte contre le groupe État islamique. « Comme au Sahel, il s’agit de notre voisinage et de notre sécurité nationale », souligne la présidence française.

Les Irakiens informés quelque jours avant

De leur côté, qu'en pensent les Irakiens ? Une telle conférence n'a pas eu lieu à Bagdad depuis des décennies, sinon plus, et c'est dire l'importance de cet événement. Pourtant... Les Irakiens n'ont été informés de ce rendez-vous que quelques jours avant sa tenue, rapporte notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann. Beaucoup restent ainsi perplexes quant à cette conférence : tant mieux, si les pays de la région se parlent et trouvent des terrains d'entente disent-ils.

Mais y aura-t-il réellement des retombées concrètes pour le pays ? C'est moins sûr, ajoutent-ils, ou du moins, pas pour la population. Car côté politique, cette conférence régionale, en présence du président français, va sans conteste asseoir la stature internationale du Premier ministre irakien.

À quelques semaines des élections législatives dans le pays, et à l'heure où sa figure est de plus en plus contestée sur la scène intérieure, Moustafa al-Kazimi dresse son pays en médiateur, capable d'assurer la stabilité dans la région. Un rôle que n'avait pas endossé l'Irak de toute son histoire récente... et qui ferait presque oublier, disent certains Irakiens, que cette stabilité est pourtant loin d'être acquise sur son propre territoire.

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