Emmanuel Macron refuse tout lien entre immigration et insécurité, mais...

Emmanuel Macron (ici avec Gérald Darmanin) refuse tout lien entre immigration et insécurité, mais...
LUDOVIC MARIN / AFP Emmanuel Macron (ici avec Gérald Darmanin) refuse tout lien entre immigration et insécurité, mais...

POLITIQUE - Pas de lien, mais un peu quand même. Emmanuel Macron a refusé de tracer un lien « existentiel » entre « l’immigration et l’insécurité », mercredi 26 octobre sur France 2, au cours d’un entretien où il a réaffirmé sa volonté de « durcir les règles » avec une nouvelle loi pour mieux « lutter contre l’immigration illégale ». À droite, toute, donc.

Interrogé sur le lien assumé par son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin entre immigration et délinquance, le chef de l’État a ravivé son « en même temps. » « Je ne ferai jamais un lien existentiel » , a-t-il ainsi répondu avant de nuancer ses propos en citant les chiffres de la délinquance dans la capitale, comme le fait régulièrement le locataire de la Place Beauvau.

« Aujourd’hui, quand on regarde la délinquance par exemple à Paris, où on a une forte concentration (...) de cette immigration illégale, oui, elle est très présente dans les faits de délinquance », a ainsi expliqué le président de la République. Pour lui, « on ne peut pas ne pas voir que la moitié au moins des délinquants, des faits de délinquance qu’on observe, viennent de personnes qui sont des étrangers, soit en situation irrégulière, soit en attente de titres (...) et qui viennent souvent de ces filières » d’immigration clandestine.

« Réformer » les règles, « simplifier » les procédures

Face à cette situation, « on doit, pour celles et ceux qui ont vocation à rester, beaucoup plus vite les intégrer, les sortir d’une clandestinité qui n’est pas bonne », a-t-il déclaré, sans évoquer de vague de régularisation. « Et (pour) les autres, durcir et accélérer nos règles pour les reconduire » hors de France, a-t-il expliqué.

Pour y parvenir, le chef de l’État veut « réformer en profondeur les règles, nos lois, pour simplifier les procédures » d’expulsion, à l’occasion d’une nouvelle loi sur l’asile et l’immigration qui doit être présentée « au premier semestre de l’année prochaine », après un débat parlementaire sur le sujet « dans les prochaines semaines ».

« On va durcir les règles » pour « aller à ces 100% » d’application des obligations de quitter le territoire français (OQTF), des procédures d’expulsion dont moins de 10% seulement sont exécutées et qui ont refait surface dans le débat public après le meurtre sauvage d’une jeune fille de 12 ans, Lola, tuée le 14 octobre par une ressortissante algérienne sous le coup d’une OQTF.

« Même ceux à qui on ne donne pas les titres (de séjour), (à qui) on ne confirme pas leur droit de rester sur le territoire, on a énormément de mal à les renvoyer », a-t-il concédé, expliquant s’être « concentré sur (l’expulsion des) étrangers en situation irrégulière qui ont troublé l’ordre public » ces dernières années.

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