Dernière phase des évacuations à Kaboul, Paris plaide pour une "zone protégée"

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·4 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.

Les toutes dernières évacuations s'opèrent à l'aéroport de Kaboul, à deux jours du retrait américain prévu. Parallèlement, Emmanuel Macron annonce dans le Journal du dimanche que la France et le Royaume-Uni comptent défendre l'idée, lundi à l'ONU, de la création à Kaboul d'une "zone protégée".

Dernière ligne droite. Les évacuations d'étrangers et d'Afghans fuyant le nouveau régime des Taliban sont entrées dimanche 29 août dans leurs dernières heures à l'aéroport de Kaboul, à deux jours du retrait américain prévu et dans la crainte d'un nouvel attentat sanglant.

Le rythme des évacuations a baissé ces derniers jours, à mesure que de nombreux pays européens, dont le Royaume-Uni et la France, annonçaient avoir achevé les leurs, à deux jours de la date butoir du 31 août prévue pour le retrait américain, qui signera la fin de 20 ans d'une guerre infructueuse contre les Taliban.

Ce court délai fait craindre qu'une partie des Afghans qui se disent menacés par les Taliban, notamment ceux qui ont travaillé avec des forces ou civils étrangers au cours des deux dernières décennies, ne seront pas évacués.

Menace d'un nouvel attentat

La situation chaotique à l'aéroport de Kaboul, assailli juste après le retour des Taliban par des milliers de candidats à l'exil, a pris un tour dramatique jeudi avec le bain de sang provoqué par l'attaque suicide revendiquée par le groupe État islamique au Khorasan (EI-K), rival des Taliban et auteur de plusieurs attentats meurtriers dans le pays ces dernières années.

La tension y restait vive dimanche, Joe Biden ayant estimé samedi soir que "la situation sur les lieux" restait "extrêmement dangereuse" et "la menace d'une attaque terroriste contre l'aéroport (...) élevée", ajoutant avoir été informé par ses commandants "qu'une attaque était très probable dans les 24 à 36 heures".

Quelques heures après, l'ambassade américaine à Kaboul a exhorté tous les Américains à quitter les abords de l'aéroport, comme elle l'avait fait ces derniers jours, "en raison d'une menace précise et crédible".

Selon les derniers bilans de l'attentat de jeudi, 90 morts et 150 blessés ont été recensés dans les hôpitaux locaux. Certains médias locaux ont fait état de 170 morts. Treize soldats américains et deux Britanniques ont également péri.

En représailles, l'armée américaine a annoncé que ses drones avaient bombardé des "cibles importantes" du groupe EI-K dans l'Est afghan, tuant deux jihadistes de haut rang, sans révéler de noms.

"Cette frappe n'était pas la dernière", a prévenu Joe Biden. "Nous continuerons à traquer tout individu impliqué dans cet attentat odieux et les ferons payer."

Contacts plus étroits entre Américains et Taliban

À Kaboul, les Taliban consolidaient leur emprise, notamment autour de l'aéroport, dernière enclave occupée par les Occidentaux, menés par les Américains, avant le retrait.

Des combattants talibans lourdement armés ont circulé samedi sur les terrains et dans les bâtiments annexes de l'aéroport, selon des journalistes de l'AFP, alors que des soldats américains les observaient depuis le toit du terminal passagers.

Les Taliban ont bouclé les routes menant à l'aéroport et ne laissent passer que les bus autorisés, dont plus d'une douzaine ont déchargé des passagers à la porte principale de l'aéroport samedi.

L'attentat de jeudi a poussé Taliban et Américains à collaborer plus étroitement. "Nous avons des listes données par les Américains (...). Si votre nom est sur la liste, vous pouvez passer", a expliqué à l'AFP un responsable taliban.

L'attaque a fait disparaître la foule des milliers d'Afghans massés auparavant depuis des jours à l'extérieur du site dans l'espoir d'accéder au tarmac, a constaté l'AFP.

Emmanuel Macron plaide pour une "zone protégée"

La France et le Royaume-Uni vont plaider lundi à l'ONU pour la création à Kaboul d'une "safe zone", une zone protégée, a déclaré Emmanuel Macron dans un entretien au Journal du dimanche.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité doivent en effet se réunir lundi au sujet de la crise afghane. Londres et Paris élaborent un "projet de résolution" qui "vise à définir, sous contrôle onusien, une 'safe zone' à Kaboul qui permette de continuer les opérations humanitaires", a indiqué Emmanuel Macron.

"C'est très important. Cela donnerait un cadre des Nations unies pour agir dans l'urgence, et cela permettra surtout de mettre chacun devant ses responsabilités et à la communauté internationale de maintenir une pression sur les Taliban", a-t-il ajouté dans l'entretien.

Emmanuel Macron a annoncé samedi que des discussions avaient été "entamées" avec les Taliban pour "protéger et rapatrier des Afghanes et des Afghans" en situation de risque au-delà du 31 août.

La France compte sur l'aide du Qatar qui, grâce à ses bonnes relations avec les Taliban, "a la possibilité d'aménager des opérations de pont aérien ou de réouverture de certaines lignes aériennes", a précisé Emmanuel Macron depuis Bagdad, où il assistait samedi à un sommet régional.

Avec AFP

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles