EMMANUEL MACRON «On ne peut pas être timidement européen, sinon on a déjà perdu»

Libération.fr

A la veille du soixantième anniversaire d’une Union plus que jamais fragilisée, le candidat d’En marche appelle à refonder l’Europe par une harmonisation fiscale et sociale. Un projet qui passe par un couple franco-allemand solide.

A

u lendemain du premier débat télévisé de la présidentielle, Emmanuel Macron a reçu Libération et le quotidien italien La Repubblica dans son QG du XVe arrondissement parisien. A la veille de l’anniversaire du traité de Rome, le candidat d’En marche qui se pose en «Européen convaincu» mais «sans complaisance», détaille les contours d’une recomposition de l’Union.

L’Europe a 60 ans. Son projet a-t-il failli ? A-t-il encore un sens ?

L’Europe est un projet inédit. Un projet de paix, de prospérité et de liberté, qui a permis des décennies de paix, de manière non hégémonique. Voilà le vrai trésor de l’Union européenne. A l’échelle du monde, c’est le plus petit espace qui concentre autant de cultures et de langues différentes. Une recette contre la conflictualité. Avant l’UE, le continent s’était toujours structuré autour d’empires : romain, carolingien, napoléonien, bismarckien, hitlérien. L’Europe s’est toujours stabilisée autour d’un rêve politique hégémonique et cela a souvent fini dans le sang, jusqu’à la tragédie de la Seconde Guerre mondiale. Depuis, l’Europe est devenue une création démocratique. Et cela grâce à l’impulsion du tandem franco-allemand qui a décidé de mutualiser ce par quoi on s’était détruit, à savoir le charbon et l’acier, avant d’élargir notre coopération avec le traité de Rome.

Faute de cohérence, elle est aujourd’hui vilipendée, défiée, au bord de l’implosion…

On l’a laissée se dévoyer par manque de leadership politique. A la fin des années 90, on a eu une perte de la sève de l’Europe. D’abord, il y a eu un dévoiement du marché unique. Dans l’esprit de Jacques Delors, le projet européen, c’était de la liberté mais aussi de la régulation et de la solidarité. On n’en a gardé que la liberté économique, en ouvrant les (...)

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