Emmanuel Macron avec Kamala Harris pour parler numérique (mais pas seulement)

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Ce que cherche Macron (ici le 12 novembre 2019) en parlant numérique avec Kamala Harris à Paris (Photo: via Associated Press)
Ce que cherche Macron (ici le 12 novembre 2019) en parlant numérique avec Kamala Harris à Paris (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - Cinq jours de visite, un sommet international... et plusieurs symboles. Emmanuel Macron accueille la vice-présidente américaine Kamala Harris mercredi 10 novembre au soir, pour un dîner de travail à l’Elysée puis, le lendemain, une nouvelle édition du Forum de Paris sur la paix.

“Il fait bon être en France”, s’est réjouie la dirigeante de 57 ans à sa descente d’Air Force 2, mardi, en évoquant les “discussions productives” à venir “pour renforcer la solidité de notre relation”. Une première référence à la grave crise qui a étiolé le lien Paris - Washington?

Nul doute que le camouflet infligé à la France, par les Etats-Unis et l’Australie, mi-septembre, à propos d’un contrat mirobolant de sous-marins, sera au menu de ces échanges. Mais pour le chef de l’Etat français, la venue de Kamala Harris et la séquence diplomatique qui l’entoure, revêtent plusieurs autres enjeux. A l’international... comme pour la suite de sa pré-campagne.

Macron (re)joue la carte internationale

Après les traditionnelles cérémonies d’hommage à l’Arc-de-Triomphe, jeudi 11 novembre -jour des vétérans aux Etats-Unis, anniversaire de l’armistice en France- les deux dirigeants se retrouveront à la Grande Halle de la Villette, pour la quatrième édition du Forum de Paris sur la Paix.

Un événement mis en place par Emmanuel Macron en 2018 à l’image de ce qui se fait à Davos en matière économique ou à Munich sur les enjeux de sécurité. Le but: rassembler, chaque année, “les acteurs les plus importants de l’intelligence collective” (dirigeants politiques, société civile, ONG, entreprises), comme l’indique le site qui lui est dédié. Au total, une trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement sont attendus dans la capitale pour cette nouvelle mouture consacrée à une “reprise (post-Covid) plus solide et plus inclusive.”

L’occasion parfaite, pour le Français, à peine rentré du G20 et de la Cop26, de mettre en scène sa stature internationale. Et de rappeler sa vision du multilatéralisme, dont il défendait les vertus face au patriotisme exacerbé de l’ancien président outre-Atlantique, Donald Trump.

Ce n’est pas un hasard si le locataire de l’Elysée en a remis une couche, mardi, lors de son “adresse aux Français” aux allures de discours de campagne. “Nos partenaires ne sont pas des étrangers sur ce continent qui nous a été donné par le destin”, a-t-il ainsi expliqué, insistant à plusieurs reprises sur la nécessité de travailler “ensemble” pour mieux “affronter les défis qui sont les nôtres”, avant de conclure sur une “France forte de sa volonté d’assumer sa part d’universel.”

Sans surprise, Emmanuel Macron lancera, lui-même, les discussions, jeudi, aux cotés de Kamala Harris. Ce qui n’a rien d’anodin, à en croire la présidence. “C’est symboliquement très fort d’ouvrir le Forum de Paris sur la paix cette année aux côtés d’une représentante du gouvernement américain, de la vice-présidente, nous dit-on, avant d’ajouter. ils prendront la parole successivement pour exposer leur vision.”

Tremplins pour 2022?

Et ce n’est pas tout. Le président de la République entend bien mettre l’accent sur le numérique, un de ses sujets phares, dans la lignée des initiatives qu’il a promues à l’international au cours de son quinquennat, tel l’Appel de Christchurch contre l’utilisation d’Internet comme arme de propagande terroriste ou le Partenariat mondial pour l’intelligence artificielle (PMIA). Lancé lors du sommet du G7 de Biarritz, en France, en 2019, il remettra son premier rapport jeudi.

Toujours dans le cadre du Forum pour la paix, Emmanuel Macron va également assister à un panel sur la régulation internationale du numérique en compagnie, là aussi de Kamala Harris. Une façon, pour le chef de l’Etat, de se montrer précurseur sur ces nouveaux enjeux.

“Les États-Unis ont commencé, que ce soit sur un plan académique, sur un plan médiatique ou sur un plan politique, à reprendre un certain nombre de positions qui ont été prises par la France et l’Europe depuis quelques années”, fait valoir l’Elysée à ce sujet, comme pour mieux souligner le leadership -présenté comme tel- du président de la République sur ces questions. Pour finir, le chantre de la “startup nation” présidera un huis-clos sur la protection des mineurs en ligne afin de “susciter l’engagement” des différentes parties prenantes.

Un volontarisme tous azimuts, sur la scène internationale, qui permet, aussi, au chef de l’Etat de prendre de la hauteur sur les débats qui parcourent la France cet automne. Sera-t-il payant au printemps prochain? Les spécialistes s’accordent à dire que les relations internationales, et la stature qui va avec, n’ont jamais été déterminantes dans le choix des Français.

Qu’importe, Emmanuel Macron n’a pas dit son dernier mot. Il tentera, sans doute, un dernier baroud européen au moment de prendre la présidence tournante du Conseil de l’Union, en janvier. Une aubaine pour un europhile, à quelques encablures de la présidentielle.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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