Emmanuel Macron, une fesse sur la table face à Ruth Elkrief : la com' du président open space

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Cet article est à retrouver dans le "Carnet des médiologues", où vous pourrez retrouver Régis Debray et sa bande chaque semaine.

S'il devait y avoir un marathon entre une onde lumineuse et une onde sonore, celle-ci écraserait très nettement celle-là, parcourant les 42,190 km en 0,00014 seconde contre 2 minutes 04 pour le son, il n'y a pas photo ! Ou plutôt si, il y a photo, il n'y a même que cela. Car du point de vue du téléspectateur, la règle est la même qu'en physique : c'est l'image qui parvient le plus vite au cerveau, et qui l'imprègne plus profondément. Autrement dit, depuis l'avènement de la vidéosphère vers 1970, la forme a la part belle sur le fond, l'enveloppe fait la loi à la lettre et in fine, c'est l'électron qui décide l'électeur. Comparaison n'étant pas raison, soyons déraisonnables et comparons la façon dont deux pouvoirs tentent à deux moments de l'Histoire de se préserver d'une crise populaire d'envergure, par le recours à l'interview. Le premier se met en scène le 7 juin 1968, le second le 22 novembre 2019. Entre les deux, 50 années d'extension turgescente de l'odieux visuel.

Général

Dans le premier entretien, le pouvoir est incarné par un vieil homme peu photogénique, qui ne fait pas un seul sourire durant l'heure entière. On croirait même qu'il fait la tête. Le journaliste s'adresse à lui avec distance et respect, en l'appelant « mon général ».

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