Emmanuel Macron dit à Vladimir Poutine sa "grave préoccupation" à propos d'Alexeï Navalny

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Lors d'un entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine, le président Emmanuel Macron a fait part de sa "grave préoccupation" concernant l'état de santé de l'opposant Alexeï Navalny.

Le chef de l'État français n’a pas caché son inquiétude face à l’état de santé d’Alexeï Navalny. Emmanuel Macron a exprimé, lundi 26 avril, au cours d'un entretien avec le président russe Vladimir Poutine, "sa grave préoccupation sur l'état de santé" de l'opposant emprisonné et "le respect de ses droits fondamentaux", a indiqué l'Élysée.

Au cours de cet échange, qui s'est tenu en milieu d'après-midi, le président de la République a également marqué le soutien de la France à "ses partenaires" européens après l'expulsion récente par Moscou de 20 diplomates tchèques et d'un diplomate italien.

Alexeï Navalny a annoncé vendredi cesser la grève de la faim qu'il observait depuis trois semaines pour dénoncer ses conditions de détention. La veille, des docteurs avaient exhorté l'opposant de 44 ans à arrêter "immédiatement" de ne plus s'alimenter, disant craindre sa mort ou des "dommages considérables" pour sa santé.

De son côté, la justice russe a ordonné lundi la suspension des activités des organisations liées à Alexeï Navalny, qui sont menacées d'être déclarées "extrémistes" et interdites.

La France solidaire de ses partenaires européens

Lors de son entretien avec Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a en outre "marqué le soutien de la France à ses partenaires suite à la série d'expulsions de diplomates européens par la Russie", a indiqué l'Élysée.

La Russie et les Occidentaux ont multiplié les expulsions croisées de diplomates ces dernières semaines, sur fond de tensions exacerbées autour de l'Ukraine et du cas d'Alexeï Navalny.

Lundi, Moscou a ainsi annoncé l'expulsion d'un diplomate italien en représailles à l'expulsion par Rome en mars de fonctionnaires russes pour une affaire d'espionnage. Après l'expulsion par la République tchèque de 18 diplomates russes présentés comme des espions, Moscou a riposté en demandant à 20 diplomates tchèques de quitter son territoire. Plusieurs pays d'Europe ont annoncé des expulsions en solidarité avec la République tchèque.

"Une relance crédible du dialogue"

Au cours de l'échange, Emmanuel Macron a également appelé Vladimir Poutine à "s'engager en bonne foi et de façon durable pour la réduction des tensions avec l'Ukraine, par le retrait effectif des troupes et du matériel lourd à la frontière, la réaffirmation claire du cessez-le-feu et une relance crédible du dialogue", selon l'Élysée.

L'armée russe a entamé vendredi le retrait de ses troupes massées depuis des semaines près de l'Ukraine, un déploiement qui avait provoqué un regain de tensions avec l'Occident et soulevé la crainte d'une attaque contre Kiev.

Sur le Caucase et la situation dans le Haut-Karabakh, le chef de l'État français "a souligné la nécessité d'avancer concrètement sur la question des prisonniers, le soutien humanitaire et la préservation du patrimoine".

"Les deux présidents sont convenus de relancer les efforts dans le cadre du groupe de Minsk pour parvenir à un règlement durable de la situation" et "des initiatives concrètes seront prises en ce sens dans les prochains jours", a précisé la présidence.

Enfin, sur la Libye, Emmanuel Macron "a rappelé la nécessité de travailler à un respect du cessez-le-feu, de la souveraineté et de la stabilité" du pays, "ainsi qu'à la consolidation du processus politique et au retrait effectif des forces étrangères sur le terrain".

Les pays occidentaux réclament le retrait de Libye des mercenaires issus du groupe privé Wagner, réputé proche de Vladimir Poutine, qui ont combattu en soutien aux forces du maréchal Haftar, homme fort de l'est du pays. Moscou affirme que la Russie n'a "ni militaires ni personnes en uniforme" sur le sol libyen.

Avec AFP