Emmanuel Macron, la bonne fortune

Libération.fr

L’ancien ministre de François Hollande a réussi une ascension aussi fulgurante qu’inédite, grâce à du flair et des coups du sort, prenant à revers les partis traditionnels et incarnant une forme de renouveau.

C’est le plus grand casse de la Ve République. Inconnu il y a trois ans, étranger au combat social et jamais élu, Emmanuel Macron s’est qualifié dimanche soir pour le second tour de la présidentielledevant Marine Le Pen. Un pari fou en passe de lui ouvrir les portes de l’Elysée, lancé sous les ricanements de la classe politique et bouclé par un coup de fil d’encouragement de Barack Obama et le soutien de Dominique de Villepin. Derrière cette ascension fulgurante, une analyse précoce du délabrement du système partisan, une habilité managériale hors du commun et un alignement des planètes jamais vu dans une élection. Retour sur un hold-up bien pensé, bien mené, où la fortune a plusieurs fois souri à l’audacieux.

Face au suffrage universel, le CV de Macron, techno brillant et financier chevronné (associé gérant de la banque d’affaires Rothschild), ne donne aucun passe-droit. Pis, ce parcours méritocratique sans faute, mais dénué d’engagements sociaux ou électoraux, l’éloigne de ce peuple qu’il prétend conquérir. «C’était de la roulette russe à cinq balles, se souvient le président du groupe SOS, Jean-Marc Borello, son ancien professeur à Sciences-Po devenu compagnon de route. Il y avait Hollande, Sarkozy, Valls, Juppé… A l’époque, je lui ai dit que rien n’était impossible, qu’il fallait tenter le coup, débloquer le pays, ouvrir un espoir…»

«Estime de soi»

Fin 2015, Macron sent, lui, l’opportunité de détrôner un président par trop velléitaire : l’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée ne pardonne pas à François Hollande d’avoir renoncé au printemps 2013 à engager les réformes (du marché du travail notamment) qui, pense-t-il, auraient pu convaincre les Allemands d’aller plus loin dans l’intégration européenne. L’industriel et parrain de la Deuxième Gauche, Henry (...)

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