Emmanuel Macron au contact des maires ce mercredi

Le président français Emmanuel Macron en conférence de presse devant la mairie de Tourcoing, dans le Nord, le 2 février 2022 - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le président français Emmanuel Macron en conférence de presse devant la mairie de Tourcoing, dans le Nord, le 2 février 2022 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Emmanuel Macron sera ce mercredi au traditionnel Salon des maires à Paris. Son choix de ne pas se rendre au Congrès des maires, qui se tient en parallèle, fait grincer quelques dents, notamment dans l'opposition.

Emmanuel Macron se rend ce mercredi au contact des maires réunis à Paris pour afficher une relation plus "apaisée" que par le passé, mais assombrie par les attentes pressantes d'élus souvent pris à la gorge par l'inflation énergétique.

Cette année, l'Elysée dit vouloir innover : pas de discours de clôture au 104e Congrès de l'Association des maires de France (AMF) pour le chef de l'Etat - il sera prononcé jeudi par la Première ministre Elisabeth Borne - mais une longue "déambulation" de plusieurs heures à leur salon, organisé parallèlement au Parc des expositions de la Porte de Versailles avec 1200 exposants.

Il s'agit d'aller à la rencontre de ceux qui "proposent des solutions innovantes" et "d'avoir un contact bien plus direct et fort", plaide la présidence.

Emmanuel Macron prendra bien la parole devant un millier de maires, mais le soir lors de la désormais traditionnelle réception à l'Élysée. À domicile. Le choix de la mise en scène fait grincer quelques dents, notamment dans l'opposition. "Il confond le Salon des maires et le salon de l'agriculture", déplore le socialiste André Laignel, vice-président de l'AMF, estimant que "beaucoup de collègues" considèrent que "ne pas franchir l'allée pour venir voir les maires" au congrès, "c'est une mauvaise manière".

"Vraie décentralisation"

Entre la puissante association d'élus et le président, l'heure est néanmoins à l'apaisement après un premier quinquennat marqué par les tensions. Le président de l'AMF David Lisnard, maire Les Républicains de Cannes, estime qu'Emmanuel Macron a "complètement changé" de discours en ouvrant la porte à "un nouveau chapitre de la décentralisation".

A Château-Gontier, en Mayenne, le président de la République s'était dit favorable en octobre à une "vraie décentralisation", accompagnée du transfert des "responsabilités", du "pouvoir normatif" et des "financements" nécessaires - par opposition à la "fausse décentralisation" en vigueur selon lui jusqu'ici.

A l'Elysée, on veut au contraire voir dans l'embellie avec les collectivités "le fruit" des politiques initiées depuis cinq ans en faveur d'un accompagnement financier et d'un "retour de l'Etat dans les territoires", plutôt qu'un quelconque tournant.

L'exécutif met en avant l'ouverture de 2 600 maisons France Services d'ici fin décembre (soit cent de plus qu'initialement promis) ou la création de 35 sous-préfectures supplémentaires, dont six dès cette année.

"Esbroufe"

Le gouvernement a aussi multiplié les gestes ces dernières semaines, avec l'annonce de 1,2 milliard d'euros supplémentaires aux collectivités locales sous forme de prêt pour accélérer la transition écologique et celle de cinq milliards d'ici 2026 pour "redynamiser" le centre de 234 villes moyennes.

Surtout, Elisabeth Borne a annoncé une hausse plus forte que prévu de la dotation globale de fonctionnement (DGF) pour les collectivités territoriales en 2023, à 320 millions d'euros, évoquant un effort inédit depuis treize ans.

De "l'esbroufe", a rétorqué David Lisnard, qui n'y voit qu'un modeste rattrapage, la DGF n'étant "pas indexée sur l'inflation depuis 2010". Les élus s'inquiètent de la suppression d'impôts qu'ils percevaient, comme la taxe d'habitation sur les résidences principales et maintenant la CVAE, un impôt de production. Les communes sont d'ailleurs désormais tentées par une augmentation de la taxe foncière, un des seuls leviers fiscaux dont elles disposent encore.

Car les édiles sont eux aussi confrontés à l'explosion des dépenses énergétiques, due à la hausse des coûts de l'électricité et du gaz dans le sillage de la guerre en Ukraine. Le gouvernement a mis en place un "amortisseur électricité" et un "filet de sécurité" salué par les maires, qui attendent toutefois des précisions sur leur fonctionnement. Avant la visite présidentielle, l'Élysée a tenu à les "rassurer" en affirmant que l'Etat était bien à "leur côté" pour "les aider à franchir cet obstacle".

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - David Lisnard estime que "l'excuse de minorité ne peut plus s'appliquer" à partir de 16 ans quand il y a une "atteinte grave physique"