Emmanuel Macron en Afrique : les affaires avant la démocratie

PHOTO LUDOVIC MARIN/AFP

Le chef de l’État français, Emmanuel Macron, entame une tournée africaine ce 25 juillet, qui le conduira, tour à tour, au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau. Depuis sa réélection en avril dernier, c’est sa première tournée sur le continent noir. La première étape de ce déplacement sera le Cameroun. Avec papy, pardon Paul Biya, Emmanuel Macron abordera “les possibilités d’investissement français dans l’agriculture camerounaise” et la question de la lutte antidjihadiste dans le nord du pays. Une table ronde est aussi prévue à Yaoundé afin de permettre à de jeunes Camerounais qui ont participé au Sommet Afrique-France [en octobre 2021] à Montpellier d’interagir directement avec le locataire de l’Élysée.

Après Yaoundé, Emmanuel Macron déposera ses valises à Cotonou. Cette étape sera mise à profit pour évoquer, avec son homologue béninois, non seulement la question des restitutions des biens culturels, mais aussi la menace terroriste à laquelle le nord du pays est en proie. À ce sujet, il faut rappeler que les autorités béninoises souhaitent, à en croire l’Élysée, un appui français en matière de soutien aérien, de renseignement et d’équipements militaires.

Emmanuel Macron bouclera sa tournée africaine par la Guinée-Bissau, pays dont le président, Umaro Sissoco Embaló, vient de prendre la tête de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) [organisation économique qui regroupe quinze États d’Afrique de l’Ouest]. Avant de porter cette casquette qui fait de lui un interlocuteur incontournable dans la sous-région, Embaló avait fait le déplacement à l’Élysée en octobre dernier. À cette occasion, Emmanuel Macron avait déclaré que la visite de son homologue témoignait du renouveau de la relation entre Paris et Bissau.

Guerre d’influence avec la Russie

On peut donc dire que Yaoundé, Cotonou et Bissau valent bien un détour. Le Cameroun représente une opportunité d’investissements pour la France. Et le domaine ciblé, c’est-à-dire la production agricole, est en congruence avec l’initiative Farm [Food on Agriculture Résilience Mission, mission visant à venir en aide aux pays africains les plus affectés par la crise ukrainienne, notamment au niveau des tensions alimentaires], lancée en mars dernier avec l’Union européenne, le G7 et l’Union africaine. La France entend donc prendre les devants pour ne pas se laisser doubler par d’autres partenaires du Cameroun dans cette filière. Et tous ceux qui connaissent le Cameroun, notamment sa géographie, savent qu’à partir de ce pays on peut desservir l’ensemble des pays de l’Afrique centrale. En outre, le Cameroun regorge d’immenses terres favorables à bien des spéculations.

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