Les Emirats ouvrent leur première ambassade en Israël

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Le président israélien Isaac Herzog serre la main du premier ambassadeur émirati en Israël, Mohamed Mahmoud Fateh Ali Al-Khaja, lors de l'inauguration de son ambassade à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021

Après l'inauguration récente d'une ambassade israélienne à Abou Dhabi, les Emirats arabes unis ont ouvert mercredi à Tel-Aviv leur première ambassade en Israël, étape clé de la normalisation des relations entre les deux pays.

Avec l'ouverture de cette mission diplomatique, située dans l'édifice de la Bourse de Tel-Aviv, les Emirats deviennent le troisième pays arabe à disposer d'une ambassade en sol israélien après l'Egypte et la Jordanie.

"Les Emirats arabes unis et Israël sont deux pays d'innovation, nous pouvons nous servir de cette créativité afin de travailler ensemble à un futur plus prospère et plus stable pour nos deux pays et la région", a déclaré lors de l'inauguration l'ambassadeur émirati en Israël, Mohamed Mahmoud Fateh Ali Al-Khaja.

"Cet accord historique doit être étendu à d'autres pays qui cherchent la paix avec Israël", a renchéri le président israélien Isaac Herzog, présent à la cérémonie qui s'est tenue dans le lobby de la Bourse, deux étages sous les bureaux de l'ambassade, selon une équipe de l'AFP sur place.

Les Emirats et Israël avaient annoncé la normalisation de leurs relations à l'été 2020, sous l'impulsion de l'ancienne administration américaine de Donald Trump.

Bahreïn, une autre monarchie du Golfe, ainsi que le Maroc et le Soudan, ont également annoncé ces derniers mois des accords de normalisation avec Israël.

Fin juin, le nouveau chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid s'était rendu aux Emirats afin d'inaugurer la première ambassade israélienne dans un pays du Golfe.

Du Fatah laïc de Mahmoud Abbas aux islamistes du Hamas, les Palestiniens ont dénoncé ces accords de normalisation les qualifiant de "trahison" de la part de pays arabes. Ils considèrent que ce processus doit intervenir après la résolution du conflit israélo-palestinien.

- Fin de "l'euphorie" -

Avec la guerre de 11 jours ayant opposé en mai Israël au mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, la normalisation a passé un "test important", estime Yoel Guzansky, chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité nationale de Tel-Aviv.

"Ca a été un succès car aucun pays n'a annulé un accord, pas même le Soudan ou le Maroc", explique-t-il.

Si les accords sont toujours sur les rails, leur développement a toutefois "ralenti" ces derniers mois, a nuancé M. Guzansky, lors d'une discussion en ligne avec des journalistes.

"L'euphorie n'est plus là" aujourd'hui, selon le chercheur, qui s'interroge sur le soutien concret du président américain Joe Biden à ces accords défendus par Donald Trump.

Les Emirats ont multiplié les investissements en Israël mais cherchent aussi, à terme, à investir dans les Territoires palestiniens, y compris à Gaza, où le Qatar -- monarchie rivale des Emirats -- distribue des millions en aide, a noté mercredi Abdullah Baqer, président du Conseil des affaires Israël/Emirats, qui participait aussi à la discussion en ligne.

"Lorsqu'il y aura une garantie de stabilité politique (à Gaza) alors les investissements vont suivre(...) et nous allons lever des fonds, bâtir des écoles, faire un travail caritatif pour élever le niveau de vie de la population", a-t-il ajouté.

bs-gl/awa

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