Emily Harrop, tenante du titre en Coupe du monde de ski-alpinisme : « Je sais que c'est possible »

Emily Harrop lors de la Coupe du monde de Flaine. (FFME)

Belle surprise bleue de la saison dernière, Emily Harrop défendra son titre en Coupe du monde à partir de vendredi, à Val Thorens, pour la première manche de la saison et visera une première médaille mondiale individuelle en février.

« L'année dernière, vous disiez que vous vous êtes surprise vous-même d'avoir ce niveau et de vivre cette saison de dingue (le globe de cristal pour sa troisième saison seulement avec les Bleues). Vous l'êtes encore ?
Ce sera peut-être moins une surprise si j'arrive à être au même niveau cette année. Ce sera plus de la satisfaction d'avoir pu, malgré une préparation un peu différente, avec la blessure à la cheville (rutpure d'un ligament), d'arriver à être au même niveau. C'est sûr que j'arrive sur cette saison différemment aussi. L'an dernier, c'était une saison de dingue et maintenant, je sais que c'est possible, mais je sais aussi que c'est jamais gagné à l'avance. Mais je ne sais pas si je l'ai encore bien digéré. Donc j'ai juste trop envie de m'entraîner pour que ça puisse se réaliser à nouveau. Mais c'était chouette d'être sur un petit nuage.

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En tant que tenante du titre, vivez-vous avec plus de pression cette première étape à Val Thorens ?
J'essaie de m'en mettre le moins possible. J'ai envie de retrouver des sensations de plaisir, ludiques. Le résultat, ce sera après qu'on le regardera. Mais oui, c'est sûr que ce sera différent au niveau de comment les autres me considèrent, mais j'essaie de pas trop réfléchir à ça, pour l'aborder le plus sereinement possible.

Cet été, vous avez notamment fait une traversée des Alpes à vélo sur 500 km et un trip en Islande. Vous aviez besoin de ça pour sortir de cette bulle du ski-alpinisme ?
Le trip en Islande, c'était quatre jours après la finale (de la Coupe du monde) à Flaine. On a fait 10 jours là-bas, j'avais vraiment besoin de ça pour couper, vite refaire du ski, mais sans regarder la montre. Sans objectif d'entraînement, prendre du plaisir. Ça faisait un moment que je n'avais pas voyagé en plus. Et cet été, j'ai fait pas mal de vélo. Avec une amie de l'équipe suisse, on s'est motivées pour faire la traversée des Alpes à vélo (10 cols, 12 000 m de dénivelé en quatre jours). C'était une super expérience, mon premier trip itinérance à vélo. C'était intégré à mon programme de prépa physique. L'objectif de l'été est de faire du volume, faire tourner les jambes. Donc ça avait carrément sa place.

Les Championnats du monde (en Espagne, en février) comme la Coupe du monde sont vos objectifs ?
Je vise les deux, forcément. Mais c'est vrai que les Championnats du monde restent un objectif prioritaire je pense. Notamment les épreuves sprint et individuelle, où j'aimerais bien faire une très bonne perf'. Et je reste concentrée sur la Coupe du monde en général. Et il y a aussi les Jeux Mondiaux militaires, que j'ai jamais faits.

Et la Pierra Menta (la course la plus mythique) ?
C'est un peu l'interrogation de cette saison. J'aimerais beaucoup la faire. Mais c'est vrai qu'avec toutes les courses qui s'enchaînent, la saison est dense. Je verrai en fonction de la forme aussi, un peu plus tard.

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C'est votre deuxième saison avec l'armée des champions. Vous êtes désormais sept au sein de l'équipe de France à avoir un contrat avec l'armée. Ça change quoi pour les Bleus ?
C'est une super opportunité. ça permet vraiment à l'équipe de se professionnaliser de plus en plus, on peut mettre en place plus d'entraînements ensemble avec l'équipe de France. Chacun se tire vers le haut. Quand tu deviens professionnel, le niveau augmente forcément car tu as plus d'entraînements et plus de repos. Moi, ça a vraiment fait une différence l'année dernière. »