Des embryons de souris créés sans ovocytes ni spermatozoïdes

photo AHMAD GHARABLI/AFP

Pour faire un embryon de mammifère, pas besoin d’ovocyte ni de spermatozoïde. Des cellules souches suffisent. “Dans les bonnes conditions, [elles] peuvent se diviser et former un embryon seules”, rapporte Nature dans un article destiné au grand public. C’est en effet ce que sont parvenues à faire deux équipes distinctes qui publient leurs résultats dans Cell le 1er août et dans Nature le 25.

Les deux équipes n’en sont pas à leur coup d’essai en matière de production d’embryons de synthèse, mais c’est la première fois que de tels embryons de souris parviennent à un stade si avancé : 8,5 jours. Chez cet animal, la gestation complète dure environ vingt jours.

Plus de huit jours pour un embryon de souris, c’est une durée suffisamment longue pour que certaines régions du cerveau se développent, que les intestins se forment et que le cœur commence à battre. “Ces embryons artificiels ressemblent beaucoup aux naturels, qui se forment lorsqu’un spermatozoïde de souris rencontre un ovocyte, écrit Nature, mais ils ‘n’étaient pas identiques à 100 %’, précise Jacob Hanna [biologiste des cellules souches à l’Institut Weizmann des sciences en Israël, qui a participé aux deux études]”. Ce dernier précise :

“On observe certains défauts, ainsi que des différences dans la taille des organes.”

Pour les chercheurs, ces modèles synthétiques présentent de nombreux avantages par rapport aux embryons naturels, notamment parce qu’ils sont plus faciles à observer et à manipuler, puisqu’ils se développent en dehors de l’utérus. Ils pourraient être utiles pour découvrir le rôle de certains gènes dans des malformations, par exemple. Magdalena Zernicka-Goetz, qui a dirigé l’étude parue dans Nature, prévoit d’utiliser ce genre d’embryons artificiels pour percer les mystères des fausses couches.

Des questions éthiques à venir

De son côté, “Jacob Hanna espère utiliser cette technique pour produire des embryons humains artificiels, qui pourront être une source de nouveaux organes et tissus pour les personnes qui en ont besoin”, précise la revue scientifique. Des expériences qui ne sont pas sans soulever des questions éthiques. “Reste à savoir si ces structures artificielles doivent être considérées comme des embryons, une question controversée dans la discipline”, observe Nature.

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