Elsa Zylberstein : "Je me donne sans retenue, je ne contrôle rien"

En ce début 2020, elle sera dans quatre films et va incarner Simone Veil. Après trente ans de carrière, Elsa Zylberstein atteint son zénith. Interview.   

Une rencontre avec Elsa Zylberstein, c’est toujours un bon moment : intelligente, ouverte, rieuse, elle joue le jeu des questions, un peu à l’américaine, elle « donne », comme on dit. Mais, en ce matin glacé, une petite angoisse nous étreint. L’actrice a perdu sa mère chérie brutalement, accidentellement, fin octobre dernier. Elle avait avec elle une relation intime, fusionnelle. Elsa a franchi la quarantaine, mais Liliane et Albert, ses parents, c’était un cocon indispensable. Où qu’elle soit, l’actrice les appelait deux fois par jour. Un couple magnifique, présent à chaque générale de théâtre, à chaque première projection de film, uni dans l’adoration de leur fille. Après « Splendour », où, au Théâtre de Paris, elle incarnait simultanément Natalie Wood et trois ou quatre autres personnages, Elsa sortait essorée mais radieuse, ses parents l’attendaient, tellement fiers. Brutalement, la douce habitude a explosé. Et il faut continuer de vivre. Surmonter. Rire.

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Elle débarque aux Deux abeilles, le salon de thé où elle a si souvent déjeuné avec sa mère. S’assied à la même table. Sous la lumière hivernale : son teint de porcelaine, son regard vert d’eau, et son inaltérable éclat. Elsa est en deuil, elle ne le cache pas, mais elle n’a pas perdu la grâce. Pendant plus d’une heure, elle répond, pétillante, émue, nostalgique, drôle, n’évite aucune question… 2020 s’annonce si riche. En ce début d’année, elle est dans quatre films, dont ce biopic sur la maîtresse de Léon Blum, signé Laurent Heynemann, « Je ne rêve que de vous ». Hippolyte Girardot incarne l’homme politique ; et l’amoureuse, évidemment, c’est Elsa. Une femme déterminée(...)


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