Elon Musk relaie sur Twitter un article complotiste, et confirme certaines craintes

Elon Musk a déjà créé la polémique en tweetant un article complotiste sur Twitter, le 30 octobre 2022.
AFP/Huffpost Elon Musk a déjà créé la polémique en tweetant un article complotiste sur Twitter, le 30 octobre 2022.

Le nouveau patron de Twitter a partagé un article complotiste en réponse à un message de Hillary Clinton. Dans un pays de plus en plus polarisé, Elon Musk fait craindre le pire à deux ans de l’élection présidentielle.

RESEAUX SOCIAUX - Le nouveau « chief Twit » dépasse-t-il déjà les bornes ? Dimanche 30 octobre, seulement deux jours après l’officialisation du rachat de Twitter par Elon Musk, ce dernier a partagé sur sa plateforme un article complotiste sur l’attaque du mari de Nancy Pelosi. Cela alors que sa récente acquisition de la plateforme fait craindre un regain de désinformation ou de problèmes liés à la modération des contenus.

Pour comprendre l’origine de ce tweet, il faut revenir 48 heures en arrière. Dans la nuit de jeudi à vendredi, Paul Pelosi, le mari de la cheffe des démocrates américains au Congrès, a été attaqué à leur domicile de San Francisco par un homme armé d’un marteau. Après être entré par effraction dans la demeure, l’agresseur a recherché Nancy Pelosi mais n’a trouvé que son mari, à qui il a asséné des coups de marteau. Paul Pelosi, âgé de 82 ans, a été opéré pour des fractures au crâne, aux bras et aux jambes, mais ses jours ne sont pas en danger.

Cette attaque violente a ému tout le personnel politique, de droite comme de gauche. Le président Joe Biden a dénoncé la violence politique dans le pays et fait une référence à peine masquée à Donald Trump, qui clame depuis deux ans que l’élection de 2020 a été « volée ». Une théorie qui fait de nombreux adeptes chez les Républicains, dont certains se présentent aux élections de mi-mandat du 8 novembre prochain.

Musk fait de la pub à un site conspirationniste

Hillary Clinton, ex-secrétaire d’État, a également réagi sur Twitter et dénoncé les « théories du complot haineuses et délirantes » relayées par « le parti Républicain et ses porte-parole », qui engendre de véritables drames. Un article du Los Angeles Times détaillant le parcours de l’assaillant David Depape, adepte des théories complotistes, accompagnait les mots de l’ex-Première dame.

« Il y a une petite possibilité que les apparences soient trompeuses », lui a toutefois répondu Elon Musk, qui a complété son commentaire d’un article renvoyant au site Santa Monica Observer. Le titre du papier présentait une version alternative des faits : « La terrible vérité : Paul Pelosi était encore soûl, et a eu une dispute avec un prostitué vendredi matin. »

Le milliardaire a déclenché une avalanche de critiques après ce tweet. Le Santa Monica Observer est en effet connu pour relayer des théories conspirationnistes parfois farfelues. En 2016, le site a par exemple affirmé que Hillary Clinton était morte et qu’un double faisait campagne à sa place face à Donald Trump en 2016.

La liberté d’expression, à quel prix ?

Le tweet d’Elon Musk a été supprimé quelques heures après sa publication. Mais l’événement n’a pas échappé à plusieurs médias respectés, dont le New York Times qui a relaté les faits dans un article intitulé : « Elon Musk, dans un tweet, partage le lien d’un site connu pour ses fausses informations » Le milliardaire aux 123 millions d’abonnés a embrayé dans un nouveau message controversé à double lecture : « C’est faux. Je n’ai *pas* tweeté un lien venant du New York Times ! » - sous-entendant que le quotidien américain postait régulièrement de fausses informations.

Le fantasque patron de Tesla et SpaceX, qui s’érige en défenseur de la liberté d’expression, a affirmé à de multiples reprises vouloir faire de Twitter une sorte d’agora numérique, où toutes les opinions seraient libres de s’exprimer. Il a pourfendu une modération selon lui trop stricte des contenus, concentrant toutefois la majorité de ses attaques contre la censure supposée des voix de droite et d’extrême droite.

Cherchant toutefois à rassurer ses annonceurs, Elon Musk a promis après son acquisition de Twitter que le réseau social ne deviendrait pas « infernal » et qu’il le doterait d’un « conseil de modération des contenus ».

Inquiétudes à deux ans de la présidentielle

Pourtant, peu après le rachat de la plateforme, Elon Musk a rapidement réintroduit Kanye West (Ye), dont le compte avait été suspendu pour des propos antisémites. Par le passé, il a aussi promis de réintégrer Donald Trump, lui aussi interdit de Twitter. En attendant son hypothétique retour, l’ancien président américain s’est réjoui de la prise de contrôle du réseau social par Elon Musk.

Avec ses derniers messages controversés, Elon Musk revient-il déjà sur ses promesses de modération en trollant lui-même sa plateforme ? En tout cas, les inquiétudes sont nombreuses dans un contexte politique chargé aux États-Unis, à 8 jours des élections de mi-mandat, et à deux ans de l’élection présidentielle lors de laquelle Donald Trump veut faire son retour en politique.

VIDÉO - La Minute d'Elon Musk

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