Elon Musk affirme que sa puce cérébrale va "guérir" les acouphènes mais...

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Elon Musk veut guérir les acouphènes en implantant des puces dans le cerveau humain d'ici 2027.  (Photo: VladSt via Getty Images)
Elon Musk veut guérir les acouphènes en implantant des puces dans le cerveau humain d'ici 2027. (Photo: VladSt via Getty Images)

Elon Musk veut guérir les acouphènes en implantant des puces dans le cerveau humain d'ici 2027. (Photo: VladSt via Getty Images)

SCIENCES - Après Tesla, SpaceX et Twitter, Elon Musk investit aussi le domaine de la santé. Le milliardaire enfile la blouse blanche et affirme dans un tweet le 24 avril que les prothèses cérébrales de son entreprise Neuralink vont guérir les acouphènes d’ici cinq ans. Les scientifiques tempèrent ceténième projet visionnaire de Musk alors qu’il n’existe aujourd’hui aucun traitement miracle contre ce trouble.

Si les neuroscientifiques ont fait des progrès substantiels, des zones d’ombre persistent pour bien comprendre les acouphènes. La science a plusieurs hypothèses qui combinent une baisse de l’audition et un problème neurologique. La première: une perte d’audition provoquerait une réaction du cerveau qui “monte le son” pour compenser la surdité. Une autre l’explique par une déstabilisation du cortex auditif, soit la région du cerveau qui analyse les sons.

Pour “guérir” les acouphènes, il faudrait trouver quel neurone est à l’origine de ce dysfonctionnement dans le cerveau. Or, il y en a 85 milliards et il existe 100.000 milliards de connexions entre eux. “Pour mettre ce chiffre astronomique en perspective, il y a plus de 400 milliards d’étoiles dans la galaxie de la Voie lactée”, écrit David Tuffley, maître de conférences en éthique appliquée et cybersécurité, à l’Université Griffith dans le média scientifique The Conversation.

Des puces “guérisseuses”

Les chercheurs tentent d’éclaircir la carte cérébrale mais les chemins neurologiques sont bien trop nombreux. Selon Elon Musk, la puce connectée, “Link”, développée par Neuralink, guidera la science pour faire disparaître ce trouble. “Link”, pas plus grande qu’une pièce de monnaie, est implantée dans le crâne par un robot chirurgical pour se connecter au cortex lié aux sons. Un millier de fils microscopiques sont rattachés à la puce et s’accrochent aux neurones. Pour communiquer avec eux, les scientifiques connectent ensuite Link à un ordinateur externe par Bluetooth.

Le projet semble futuriste mais il est sérieux. Depuis sa création en 2016, Neuralink a recruté de nombreux neuroscientifiques issus des milieux universitaires. Selon eux, cette technologie pourrait aider les personnes souffrant de troubles neurologiques comme l’épilepsie, la maladie de Parkinson ou encore la paraplégie.

Par ailleurs, les implants neuraux sont développés depuis les années 1960, le premier a été placé à cette date chez une personne malentendante. Il n’est donc, sur le papier, pas absurde qu’un tel appareil puisse guérir les acouphènes.

Des premiers tests des puces Neuralink ont même déjà été effectués sur des animaux. Dans une vidéo, assez impressionnante, publiée par Neuralink en avril 2021, on voit un singe macaque, Pager, s’amuser sur un jeu vidéo grâce à une puce implantée dans son cerveau et connectée à un ordinateur exécutant le jeu. La prouesse a été facilitée par une carotte: dès que Pager faisait un mouvement correct, il recevait une gorgée de smoothie à la banane.

L’essai a été une réussite: une fois le dispositif débranché, Pager a été capable de jouer tout seul. Cette expérience a aussi permis aux scientifiques d’associer un neurone à un mouvement de Pager pour mieux comprendre son activité cérébrale.

Une fusion homme-machine risquée

Pour l’instant, Neuralink peut jouer sur les neurones des singes et leur apprendre de nouveaux comportements, mais l’entreprise est loin de guérir des maladies humaines. Aucun essai sur l’homme, même pour des expériences simples comme celle effectuée sur Pager, n’a été réalisé. Et ce n’est sans doute pas près de se produire, des singes sont morts pendant des tests de Neuralink.

Outre les effets secondaires, les scientifiques mettent en garde sur les retombées commerciales d’un tel dispositif. “Je m’inquiète d’un mariage inconfortable entre une entreprise à but lucratif... et ces interventions médicales qui sont, espérons-le, là pour aider les gens”, s’inquiète Karola Keritmair, professeur adjoint en histoire médicale et bioéthique à l’Université du Wisconsin, sur le site d’actualités scientifiques Futura.

Cette puce pose aussi des questions éthiques: que vont devenir les données récoltées dans le cerveau humain? Quels sont les risques de piratages ou d’espionnage par des individus malintentionnés?

Les risques de cette technologie sont si énormes qu’ils pèsent pour l’instant bien plus que ses avantages incertains. La police américaine de la santé, la FDA, ne s’est pas encore prononcée sur la poursuite des essais Neuralink sur l’homme. Mais le scientifique David Tuffley rappelle dans The Conversation que l’administration classe déjà la puce Link dans la catégorie des “dispositifs médicaux de classe III, la catégorie la plus risquée”. Avec cette technologie, il faut donc être patient et prudent, deux qualités dont Musk est dépourvu.

À voir aussi sur Le HuffPost: Avec Neuralink, Elon Musk veut lire vos pensées dès 2020

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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