Elisabeth Guigou, ex-ministre de la Justice : "La société doit regarder l'inceste en face"

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La commission indépendante pour lutter contre l'inceste et les violences sexuelles, dont le secrétaire d'État chargé de l'Enfance et des Familles, Adrien Taquet, avait annoncé la création en août dans le JDD, prend enfin forme. Nommée à la tête de cette instance dotée d'un budget de 4 millions d'euros, dont la mission est d'établir un état des lieux du phénomène pour mieux y répondre, l'ancienne ministre de la Justice (1997-2000) Elisabeth ­Guigou en décrypte les ambitions et le fonctionnement.

Quels sont les objectifs de votre commission?
Il règne un silence pesant sur ces violences sexuelles subies dans l'enfance et en particulier l'inceste, qu'il est important de nommer, car c'est la tragédie la plus profonde et la plus déniée. Notre commission, indépendante, montrera la gravité de ces violences pour que la société regarde en face cette épouvantable réalité. Notre ambition est de mieux prévenir, de protéger les enfants, en commençant par les plus petits, d'aider les victimes à se reconstruire. Mais aussi que les auteurs soient ­rapidement sanctionnés par la justice et qu'on les empêche de récidiver.

Qui en seront les membres?
Avec Geneviève Gueydan, inspectrice générale des affaires sociales, qui sera secrétaire générale, et ­­Caroline Rey-Salmon, coordonnatrice des urgences médico-­judiciaires de l'Hôtel-Dieu à Paris, conseillère scientifique, nous réfléchissons à sa composition. Je souhaite mener des allers-retours constants entre institutions, acteurs de la protection ...


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