Elisabeth Borne juge que le mouvement de grève des médecins libéraux n'est "pas responsable"

La Première ministre Elisabeth Borne le 1er décembre 2022 à Albi (Tarn) - Charly TRIBALLEAU / AFP

La Première ministre Elisabeth Borne a tancé ce mardi matin sur France info le mouvement de grève initié parmi les médecins généralistes le 26 décembre dernier et reconduit par une partie d'entre eux. La cheffe du gouvernement affirme que les praticiens libéraux accroissent la pression sur l'hôpital en fermant leurs cabinets.

"Ce n'est vraiment pas responsable". Elisabeth Borne a dit sans ambages ce qu'elle pensait du mouvement de grève mené par une partie des médecins libéraux, ce mardi matin auprès de franceinfo. Selon la Première ministre, l'initiative - lancée le 26 décembre dernier et reconduite lundi pour une semaine - ne peut qu'aggraver la situation dans des hôpitaux déjà débordés.

Les médecins grévistes souhaitent doubler le tarif de la consultation de base - le passant de 25 à 50 euros - afin de rendre plus fluide la prise de rendez-vous en étoffant leur secrétariat, défendre leurs conditions de travail dont une liberté d'installation qu'ils estiment menacée.

Borne relativise l'ampleur de la mobilisation

Elisabeth Borne a commencé par relativiser l'ampleur de la mobilisation : "C'est une partie des organisations qui représentent les médecins qui ont appelé à la grève." Elle faisait ici référence au collectif "Médecins pour demain", fer de lance du mouvement. La Première ministre a de plus assuré que les tractations étaient toujours d'actualité entre les institutions et les organisations : "Il y a une discussion en cours entre les médecins et l'Assurance maladie."

Hommage à l'hôpital

Auparavant, la cheffe du gouvernement avait salué l'action de l'hôpital public, tout en soulignant la saturation qui y règne : "Je veux à nouveau rendre hommage aux soignants. Nos hôpitaux font face à trois épidémies simultanées : la bronchiolite, la grippe, le Covid. Et une fois de plus, les soignants sont très mobilisés pour faire face."

Au-delà de la question des généralistes, elle a encore affirmé que l'exécutif avait déjà pris plusieurs mesures en faveur des soignants : "On a apporté de premières réponses dans le premier quinquennat avec des augmentations importantes. C'est 300 euros par mois de plus pour une infirmière débutante, si on donne des ordres de grandeur."

"On voit qu'on n'a pas tout réglé avec ces augmentations de salaires, qu'il y a d'autres sujets à traiter", a-t-elle toutefois reconnu, avant de lister : "Ce dont nous parlent les soignants aujourd'hui, ce sont des enjeux d'organisation, de libération du temps médical."

"Mon gouvernement présentera une feuille de route dans une semaine pour répondre à ces attentes et apporter à la fois une réponse aux soignants et aux Français qui souhaitent avoir un système de santé qui fonctionne", s'est engagée Elisabeth Borne.

François Braun avait déjà jugé le mouvement "malvenu"

Les propos d'Elisabeth Borne à l'égard de ces médecins généralistes rappellent ceux de son ministre de la Santé François Braun, mercredi dernier. En marge d'un déplacement à Annecy, celui-ci avait affirmé à la presse que suspendre son activité médicale était "malvenu", que cette grève intervenait "à la mauvaise période".

"Ce n'est pas le bon moment, ce n'est pas dans une période la plus difficile comme actuellement que c'est une bonne chose de faire grève", avait-il posé.

Article original publié sur BFMTV.com

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