Allemagne: sociaux-démocrates et conservateurs de Merkel au coude à coude

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Olaf Scholz, candidat du SPD aux élections législatives allemandes et dont le parti a revendiqué la victoire dès les premiers résultats de sortie des urne.  (Photo: Wolfgang Rattay via Reuters)
Olaf Scholz, candidat du SPD aux élections législatives allemandes et dont le parti a revendiqué la victoire dès les premiers résultats de sortie des urne. (Photo: Wolfgang Rattay via Reuters)

ALLEMAGNE - Impossible de les départager dans l’immédiat. Les sociaux-démocrates allemands sont sortis ce dimanche 26 septembre de peu en tête des élections législatives marquant la fin de l’ère Merkel, selon de premières estimations, mais sont talonnés de près par les conservateurs de la chancelière Merkel qui entendent malgré tout leur disputer la formation du prochain gouvernement.

Le SPD et leur chef de file Olaf Scholz devancent très légèrement, avec entre 24,9% et 25,8%, l’union conservatrice CDU-CSU menée par Armin Laschet, deuxième avec entre 24,2 et 24,7%, selon ces estimations diffusées par les chaînes de télévision.

Ces chiffres sont à prendre toutefois avec prudence en raison du nombre très élevé de votants par correspondance, non pris en compte dans ces sondages

Olaf Scholz a parlé d’un “grand succès” et s’est présenté comme le “prochain chancelier”. Mais malgré leur résultat “décevant”, les conservateurs entendent bien former eux aussi le prochain exécutif, a prévenu dans la foulée, Armin Laschet, qui s’est exprimé au côté d’Angela Merkel.

Cette compétition qui se profile risque de plonger la première économie européenne dans une longue période de paralysie politique et de tractations entre partis.

Les deux partis en tête ont cependant fait savoir qu’ils souhaitent voir aboutir “avant Noël” la formation de la future coalition. “L’Allemagne a la présidence du G7 en 2022″, a notamment plaidé le chef de file des conservateurs, Armin Laschet. Son adversaire, Olaf Scholz, a lui jugé que “nous devons tout faire pour que cela soit possible avant Noël, et un peu plus tôt serait également bien”.

“Pertes amères”

Pour les chrétiens-démocrates, les “pertes sont amères”, a toutefois admis Paul Ziemak, numéro deux de la CDU. Jamais le parti n’était tombé sous le seuil de 30%. En 2017, il avait encore enregistré 32,8% des suffrages.

Quoi qu’il arrive, les résultats qui se profilent en Allemagne marquent une renaissance inattendue du parti social-démocrate, donné moribond il y a encore quelques mois. Les sondages ont été accueillis par une clameur de joie au siège berlinois du parti.

Le secrétaire général du SPD Lars Klingbeil a estimé que son parti “avait le mandat pour former un gouvernement”. La tête de liste “Olaf Scholz va devenir chancelier”, a-t-il estimé

Vers un revers historique pour la CDU

Les chrétiens-démocrates sont eux assurés de subir un revers sans précédent, qui va entraîner des remous en interne et promet une succession compliquée d’Angela Merkel. Le score inférieur à 30% est une “catastrophe”, selon le quotidien populaire Bild.

Le parti des conservateurs enregistre malgré tout de lourdes pertes par rapport à 2017 où il avait obtenu près de 33% des suffrages pour 246 sièges au Bundestag. À titre de comparaison à l’époque, le SPD n’avait pas dépassé les 20% (153 sièges).

Prenant la parole après ces premiers résultats, le leader conservateur Armin Laschet a cependant dit vouloir former le prochain gouvernement malgré le recul de sa formation. “Pour la première fois, selon toute vraisemblance, nous aurons une coalition composée de trois partis. Nous avons reçu un mandat clair de nos électeurs: une voix à notre parti, c’est une voix claire contre un gouvernement de gauche. C’est pourquoi nous allons tout faire pour former un gouvernement”, a-t-il défendu.

Quoi qu’il en soit, cet échec jette une ombre sur la fin de règne d’Angela Merkel, dont la popularité reste au zénith au terme de quatre mandats mais qui s’est avérée incapable de préparer sa succession.

Record pour les Verts

Les Verts et leur candidate Annalena Baerbock, un temps favoris du scrutin, manquent le coche avec, selon les sondages, entre 14 et 15%. Maigre motif de satisfaction: ils battent leur record de 2009, quand ils avaient obtenu 10,7% des voix, et progressent de six points par rapport à 2017.

Les libéraux du FDP, quatrième avec environ 12%, apparaissent comme les “faiseurs de roi” incontournables pour bâtir une future coalition. L’extrême droite de l’AfD, dont l’entrée au Bundestag avait été le principal fait saillant du précédent scrutin de 2017, confirme son enracinement dans le paysage politique allemand. Mais avec entre 10 et 11%, ce parti islamophobe miné par des conflits internes, est en léger recul par rapport il y a quatre ans (12,6%).

Que le jeu des coalitions commence

L’identité de la troisième force d’appoint reste, elle, totalement incertaine. Les libéraux du FDP, clairement marqués à droite, sont un partenaire possible dans le cadre d’une coalition dite “feu tricolore”.

Autre partenaire possible, la gauche radicale de Die Linke, qui rassemble selon ces sondages, environ 5%, n’est pas assurée de passer la barre des 5% et d’ainsi sauver son groupe au Bundestag.

Plaf Scholz s’est montré ouvert à des discussions avec ces deux formations en désaccord sur pratiquement tous les sujets.

Les tractations risquent de durer plusieurs mois et retarder ainsi le départ effectif d’Angela Merkel, 67 ans dont plus de 30 passés en politique.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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