Que change l'élection de Joe Biden pour la France et l’Europe ?

Maxime Poul
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Si Biden devient président des États-Unis, cela ne changera pas grand-chose aux intérêts commerciaux de la France, selon Bruno Le Maire.
Si Biden devient président des États-Unis, cela ne changera pas grand-chose aux intérêts commerciaux de la France, selon Bruno Le Maire.

Joe Biden a été élu 46e président des États-Unis ce samedi. Un résultat qui ne sera pas sans effet sur la politique internationale de la première puissance économique mondiale. À quel impact s’attendre pour la France et l’Europe ? Explications.

Après plusieurs jours de suspens, Joe Biden a bien remporté l’élection présidentielle américaine et va donc devenir le 46e président de l’histoire du pays de l’Oncle Sam. Le candidat démocrate succède donc à son rival républicain Donald Trump. Un résultat qui va apporter son lot de changements concernant la politique internationale des États-Unis.

Biden plus vert que Trump

Avant même qu’il ne soit officiellement élu président, Joe Biden s’est engagé via un tweet à rejoindre l’accord de Paris - dont les États-Unis sont officiellement sortis ce mercredi - dès le premier jour de son mandat.

Un traité international signé par près de 200 pays qui est destiné à contenir le réchauffement climatique nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Un changement par rapport à la politique de Donald Trump, lui qui a multiplié les discours climatosceptiques durant sa présidence. De son côté, Biden a fait de l’écologie un de ses arguments principaux de campagne et cette annonce ne semble donc pas le faire mentir.

Concernant le commerce

Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire estimait cette semaine que l’élection de Biden ne changerait rien pour la France et l’Europe en termes de commerce. “Depuis de longues années, les Etats-Unis ne sont plus un partenaire amical des Européens”, disait-il sur les antennes de Radio Classique, en évoquant même une confrontation en prenant l’exemple des sanctions américaines. Pour le ministre de l’Économie, la Chine et l’Asie sont au cœur de la réflexion américaine mais l’Europe n’est qu’une “variable d’ajustement”.

Donald Trump avait considéré l’Europe comme le plus grand ennemi des États-Unis en termes de commerce, mais rien n’indique que l’élection de Biden pourrait changer la tendance. Les démocrates sont en effet plus dévoués que les républicains concernant les géants de la Silicon Valley que la France a dans le viseur en ce moment.

Quant à la taxe dite “Trump”, qui surtaxe à hauteur de 25% les produits de consommation européens comme le vin, affectant en grande partie la France, que ce soit Trump ou Biden à la Maison-Blanche, cela ne changera rien sur le court terme pour le vignoble et les autres secteurs agricoles impactés.

Biden moins rude mais pas moins stratège

Si l’on peut s’attendre à une attitude moins agressive et provocatrice qu’avec Donald Trump sur la scène internationale, la politique commerciale de Biden est tout autant protectionniste et “America first” que l’était celle d’Obama, selon les propos de l’économiste Sébastien Jean relayés par l’Usine nouvelle. S’il sera sans doute moins dur que Trump sur la forme, Biden mettra en place une nouvelle stratégie qui n’avantagera pas forcément l’Europe. “Faire alliance avec l’Europe consiste surtout à faire endosser par les Européens la position américaine”, affirme le directeur du Cepii (Centre d’études prospectives et d’informations internationales), qui pense tout de même qu’une élection de Biden pourrait permettre “de faire retomber la pression”.

Enseignant en géopolitique à l’ESC Grenoble, Jean-Marc Huissoud affirme également auprès de Capital que les démocrates souhaiteront avant tout protéger les intérêts américains, mais il estime que cela passe par un renforcement des relations avec l’Europe, “pour mieux contrer la Chine”.

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