Elans charnels et liens du sang

Libération.fr

Deux premiers films de réalisatrices mettent en scène des jeunes filles en proie aux plaisirs de la chair. Mordant.

A quoi rêvent les jeunes filmeuses, filles de Carrie (au bal du diable) et Buffy (contre les vampires) ? En guise de réponse, cette semaine s’avancent côte à côte, sans concertation particulière, les premiers longs métrages respectifs de deux trentenaires, l’une française, l’autre brésilienne, Julia Ducournau, ex-élève de la Fémis section scénario, et Anita Rocha da Silveira, diplômée en cinéma de l’université catholique de Rio de Janeiro. Entre leurs œuvres se noue un dialogue nourri de lointains cousins qui s’ignorent et se trouvent néanmoins mille choses à se dire, sur la base de ces quelques considérations entendues : le cinéma de genre n’est pas sale, les premiers baisers ont tous quelque chose de la morsure et, du moins sur leur versant féminin, les récits canoniques d’initiation et de révélation qui constituent les sempiternelles mamelles nourricières d’un premier film d’auteur sont avant tout affaire d’épreuve du sang.

Grave et Mate-me por favor se révèlent ainsi deux écoles de la chair bornées d’horizons morbides ; deux histoires de jeunes filles tâtonnant sur le seuil de désirs neufs qu’il leur revient de recevoir tel un électrochoc, contenir, puis libérer ; deux contes maniéristes à la fois parés et traversés d’une multitude de régimes d’images et d’écrans miroitant les signes du contemporain (clip, selfies, porno, fenêtres de tchat, caméras de smartphone…). Autant de tentatives très assurées, recourant aux ressorts horrifiques, d’émanciper leurs héroïnes de la prédation par les regards et les désirs environnants (caméra et spectateurs compris) dont elles feraient l’objet dans l’ordinaire du teen-movie - plutôt être dévoratrice que dévorée.

Mue. Que la sortie de chacun de ces films, voguant tous deux entre néons carmin et néants désirables, ne suscite de loin pas le même barouf ni les mêmes attentes, au large profit du premier, engage sans (...)

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