Egypte: les entreprises étrangères entre retrait et attentisme

Certaines entreprises étrangères présentes en Egypte ont décidé de cesser leurs activités et de rapatrier leurs salariés expatriés face aux violences dans le pays, tandis que d'autres attendaient encore vendredi de voir comment évoluait la situation.

Bouygues Construction, filiale de BTP du groupe français Bouygues, a ainsi rapatrié par avion cinq familles d'expatriés, arrivées à l'aéroport de Roissy vendredi dans la matinée. Le chantier de la ligne 3 du métro du Caire, sur lequel ils travaillaient, a par ailleurs été "arrêté et sécurisé", selon le groupe.

"Il y a deux ans, lorsque les travaux ont commencé, il y avait 80 personnes expatriées sur le chantier, dont une quarantaine pour Bouygues (...) mais depuis juin, et la fin du creusement du tunnel, il ne restait qu'une quinzaine de personnes sur place", a ajouté la société.

Selon des informations de presse, le groupe de construction français Vinci, qui travaille sur le même chantier, a également rapatrié ses salariés expatriés vendredi. Le groupe a déclaré ne pas faire de commentaires à ce stade.

La compagnie pétrolière britannique Shell a pour sa part fermé ses bureaux en Egypte jusqu'à dimanche, "afin d'assurer la sécurité de (son) personnel", et restreint les voyages d'affaires vers le pays. "Nous continuons à surveiller la situation en Egypte", a déclaré un porte-parole.

Le principal site de production du groupe en Egypte est exploité par la Badr El-Din Petroleum Company (Bapetco), une coentreprise entre Shell et l'Egyptian General Petroleum Corporation.

Dès jeudi, le fabricant suédois d'électroménager Electrolux, qui emploie environ 6.700 personnes en Egypte, a annoncé fermer provisoirement ses usines au Caire et alentour, le temps d'"examiner la situation en termes de sécurité".

Il a été suivi par le constructeur automobile américain General Motors (GM), qui a annoncé le même jour la fermeture temporaire de son bureau du Caire et la suspension de la production de son usine locale, qui emploie "plus de 1.400 Egyptiens".

Du côté du cimentier Lafarge en revanche, pas de fermeture ni de rapatriement pour le moment.

"Très attentifs"

"Nous sommes très attentifs à la situation. Des mesures et des procédures de sécurité adaptées sont en place et nous sommes extrêmement vigilants pour les faire évoluer en fonction de l'évolution de la situation", a précisé à l'AFP une porte-parole du groupe Lafarge.

"L'essentiel de nos activités se situe loin du Caire", l'usine de ciment du groupe en Egypte étant située en plein désert, à 200 km de la capitale, et celle-ci fonctionne toujours, a précisé la porte-parole.

Lafarge, qui a acquis en 2008 les activités cimentières du conglomérat égyptien Orascom, emploie quelque 2.000 personnes dans le pays, mais peu d'expatriés, ses activités sur place étant tournées vers le marché local. En ce moment, et compte tenu des vacances, seuls 10 à 15 expatriés sont sur place.

L'opérateur de télécommunications français Orange a de son côté mis en place des mesures de sécurité pour ses 6.000 salariés travaillant en Egypte, principalement pour sa filiale Mobinil, les incitant notamment à travailler depuis chez eux.

"Pour ceux qui doivent se rendre à leur bureau, les horaires ont été aménagés pour qu'ils puissent rentrer avant le couvre-feu", instauré dans la moitié des provinces égyptiennes, a précisé un porte-parole à l'AFP. Toutes les boutiques de l'opérateur dans le pays sont par ailleurs "fermées" et les interventions techniques à l'extérieur, "reportées".

Le géant énergétique français GDF Suez, qui compte quelques dizaines d'employés dans le pays, a lui aussi "renforcé" ses mesures de sécurité et dit réévaluer "la situation au jour le jour".

Son concurrent Total, présent en Egypte avec sa filiale de distribution de carburants Total Egypt, dit prendre "toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des employés et des installations", sans plus de précisions. Total Egypt compte environ 130 salariés.

L'Egypte a vécu mercredi sa journée la plus meurtrière depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, avec 578 morts, dont plus de 300 dans l'assaut de la police et de l'armée contre les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi.

Les violences se sont poursuivies depuis, avec au moins 70 morts dans des heurts entre manifestants et forces de l'ordre.

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